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Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]

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Maëlyne Almarik
Elève de Serdaigle 3ème année
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 15:03:35

Maëlyne avait tellement pris l’habitude de sourire que c’était presque devenu un réflexe. Mais il fallait qu’elle n’abuse pas de cette sensation nouvelle, parce qu’elle souhaitait que ses sourires soient toujours plus sincères les uns que les autres. Ce fut pourquoi son dernier sourire disparut de ses lèvres pour laisser la place à une expression adoucie sur son visage, comme pour prouver à Samael qu’elle était toujours aussi à l’aise et que cela ne risquait pas de changer. Seulement, cette vérité ne suffirait sans doute pas à calmer leurs deux douleurs. Pour sa part, la jeune Serdaigle essayait de ne pas y penser pour éviter justement de trop souffrir. Elle savait que cet oubli momentané ne la sauverait sans doute pas bien longtemps, mais cela lui permettait d’aider le jeune homme tant qu’elle le pouvait, tant qu’elle en avait encore la force au fond d’elle.

Même si Maëlyne venait de se promettre de ne pas sourire sans raison, elle ne pu s’empêcher d’afficher un visage visiblement ravi en voyant Samael attacher son pendentif à son cou. Elle redoutait qu’il ne veuille le lui redonner, mais visiblement il avait abandonné cette idée. De toute manière, s’il avait essayé de lui rendre, la jeune fille se serait empressée de lui accrocher au cou sans lui demander son avis, il valait donc mieux qu’il l’accroche de lui-même sans qu’elle ait à le faire…Mais la suite la surpris davantage cependant. Elle cessa brutalement de sourire lorsqu’il osa lui dire qu’il voulait lui donner quelque chose en échange. Il n’y avait rien de tel non pas pour la choquer mais pour la surprendre. Depuis bien longtemps elle faisait preuve de bonté avec les autres et jamais on ne lui avait jamais proposé de lui donner quelque chose en retour. Sa mine surprise pouvait en choquer plus d’un, parce que c’était comme si elle était devenue timide par la force des choses…Alors que ce n’était pas vraiment le cas.


« Samael, je ne t’ai pas fait de cadeau pour que tu m’en fasse un. Je t’ai donné ça parce que je veux te voir avec, et je veux pouvoir me souvenir que quelqu’un m’a aidée au lieu de se moquer de moi. Je ne veux rien en retour, ton amitié est déjà un formidable cadeau. »

Maëlyne se surpris à sourire doucement comme pour ponctuer ses paroles. D’un côté, elle sentait qu’un profond désir de le rassurer naissant en elle, mais ce n’était pas pour cela qu’elle comprenait mieux ce sentiment. C’était bien étrange, parce que jamais auparavant elle n’avait eu envie d’aider quelqu’un. Tout ce qu’elle souhaitait avant, c’était fuir le monde, les gens, tout ce qui était susceptible de la toucher de près ou de loin. Mais lui n’avait pas fait de manière et l’avait approchée, il lui avait sourit tout simplement. C’était l’unique raison pour laquelle elle avait tenu à lui faire ce cadeau, et c’était la même raison qui la poussait à le rassurer en lui disant qu’il n’avait pas à lui rendre la pareille.

La jeune fille se figea littéralement lorsque Samael annonça que son frère était mort il y avait ‘longtemps’ selon ses dires. Maëlyne ne su absolument pas ce qu’elle devait dire, étant donné qu’elle n’avait pas ressentit la peine de perdre un être cher à son cœur. Tout ce qu’elle avait perdu, c’était un jeune homme avec qui elle aurait bien pu devenir amie. Mais elle avait toujours été fille unique, et avec le recul, elle pensait que c’était bien mieux ainsi. Après tout, Samael semblait souffrir de cette mort, et elle ne devait pas penser uniquement à elle. Elle devait l’aider pour le remercier, elle le lui avait promis…Mais avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit pour essayer de le réconforter, Samael s’était renfermé à moitié sur lui-même en ramenant ses genoux vers lui et en posant sa tête dessus. Maëlyne avait très envie de le rassurer comme jamais elle n’y était parvenue pour personne, mais elle n’osait pas faire un seul geste, comme si elle était complètement pétrifiée.

Maëlyne avait avancé une main tremblante vers le jeune homme et avait saisit son bras, sans trop savoir ce qu’elle comptait faire ensuite. Mais lorsque son regard si clair plongea dans l’océan sombre de celui de Samael, ce fut comme un souffle glacé qui lui avait pénétré violemment le cœur. Cette souffrance, elle la sentait en lui comme il l’avait sentie en elle visiblement. Et lorsqu’il demanda s’il pouvait en parler maintenant, la jeune fille n’hésita pas un seul instant et se pencha pour le serrer contre elle, même s’il était toujours recroquevillé. Elle ne laissait pas couler les larmes qui perlaient déjà au bord de ses yeux, sous l’émotion qu’avait causé le regard implorant de Samael, mais elle voulait le soutenir, lui dire que sa souffrance, elle pouvait la comprendre…


« Oui, parle…Je t’ai promis que je t’écouterais et c’est ce que je vais faire…S’il te plaît, n’aies pas peur de moi. Je ne vais rien dire, juste t’écouter. Ce regard que tu m’as lancé…Sans que je comprenne pourquoi, ça m’a touché. Alors si je peux t’aider comme toi tu l’as fait, je veux le faire. »


Maëlyne savait qu’elle n’avait rien d’autre à offrir que sa présence et un petit pendentif. Elle n’avait pas de force, une très faible volonté, et pourtant son désir d’aider Samael était bien existant. Elle resserra un peu plus son emprise sur le jeune homme, comme pour lui faire comprendre qu’elle ne l’abandonnerait pas. Il pouvait toujours la repousser, elle savait très bien ce qu’elle faisait.

« Et ne t’avises surtout pas de penser que tu es égoïste…C'est moi qui ait décidé de t'écouter, moi et moi seule. Tu n'es pas coupable. »

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Samael Läus
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 16:10:58

Le regard choqué qu’eut Maëlyne lorsqu’il lui dit vouloir a son tour lui faire un cadeau le surpris. Avait-il dit quelque chose qui avait blessé la jeune fille ? Pensait-elle qu’il ne disait ça que pour « s’acquitter d’une dette » ? Il fut cependant rassuré par les paroles qu’elle prononça après, et à son tour, il lui adressa un sourire sincère et amical. Chaleureux.

« Je sais que tu n’attends pas de cadeau en retour. J’aurais simplement aimé avoir quelque chose à t’offrir qui aurait pu symboliser l’aide que je veux t’apporter. Je crains malheureusement que tu doives te contenter des mes mots." Lui dit-il, un sourire d’excuse aux lèvres.

Lorsqu’il annonça la mort de son frère, Maëlyne n’avait rien fait, et c’était aussi bien car il aurait refusé tout geste de compassion à ce moment là. Samael pensait d’ailleurs qu’il refuserait toute aide, car malgré les beaux discours qu’il avait pu faire pour Maëlyne, lui non plus n’était pas sur d’accepter de l’aide de quelqu’un, par pure fierté. Mais la jeune fille plaça ses bras autour de lui, le serrant contre elle, et ‘Mael, au lieu de l’écarter la laissa faire. Il se sentait étrangement à l’abri, dans cet étau chaleureux qui ne voulait que l’aider. Il n’osa pas pour autant relever les yeux tout de suite car l’émotion qu’il savait visible sur les traits de son visage était trop forte pour qu’il puisse la montrer.

Depuis combien de temps n’avait-il pas eu le droit à signe d’affection ? Depuis combien de temps les refusait-il surtout ? Samael, essayant de contenir la tempête d’émotions qui lui vrillaient les tempes, releva la tête et vit les yeux clairs de Maëlyne qui commençaient déjà à s’humidifier. Samael lui adressa alors un semblant de sourire, c’était le mieux qu’il puisse faire, pour la rassurer. Elle lui dit qu’il pouvait parler, qu’il pouvait compter sur elle, et le garçon inspira profondément, cherchant en lui le courage de parler.

Il essaya de remettre ses idées en place, mais, n’y parvenant qu’à moitié, il abandonna rapidement. Il se dégagea doucement de l’étreinte de la jeune fille, avec beaucoup de gentillesse, pour lui faire comprendre que son geste l’avait beaucoup aidé, et lui avait fait très plaisir, et se redressa. Son regard se perdit vers le feu de la cheminée, pendant que sa main cherchait instinctivement le médaillon d’Antoine. Ce faisant, il frôla par hasard le bijou que lui avait offert Maëlyne, et la pensée qu’elle était là, à l’écouter lui donna le courage de commencer à raconter.


« Je suis né en Russie. C’est un très beau pays, malgré le climat difficile et froid. Ma maison était tout à fait isolée. Ma famille était isolée. Je ne connaissais que mon frère et mon père, car on suivait des cours particuliers. On n’avait pas d’autre contact. »

Samael mettait doucement ses idées en place en commençant par raconter les choses les plus simples, celles qui n’expliquaient rien. De sa voix hachée, il continua, les yeux toujours perdu dans le vide, comme s’il revivait ces moments en même temps qu’il les racontait.

« Ma mère est décédée à ma naissance. En fait, c’est moi qui l’ai tué, quand elle a accouché de moi. Je l’ai tué sans faire exprès, sans le savoir. Mais le résultat était là, et mon père qui l’aimait beaucoup, m’a immédiatement haï. Gamin, je n’en prenais pas vraiment compte, il y avait Antoine, et c’est tout ce qui comptait. »

Prononcer le nom de son frère lui déchirait la gorge, et faisait ressortir chez lui une grande tendresse. La douleur et l’amour qu’il avait pour son frère laissèrent un instant une marque sur le visage du garçon, mais Samael repris vite un air impassible avant de continuer.

« Mon frère a découvert ses pouvoirs magiques, un jour, par hasard. On jouait, et puis, la toupie s’est envolée. Comme ça, par magie. Et c’est ce qui a provoqué la mort de ‘Toine. Mon père, un pur moldu, a vu ça, et à considérer que c’était moi, le monstre, qui l’avait « contaminé » de mon diabolisme. Il adorait mon grand frère, et sa raison vacillante à craquée. George, c’est le nom de mon géniteur, est devenu violent, et nous a battu. Sans arrêt, mon frère et moi. On survivait, tous les deux, mais ‘Toine était fragile, très fragile. »

Samael ferma les yeux pendant un instant alors que le corps désarticulé de son frère refaisait surface sous ses paupières.

« J’étais partit me balader, je cherchais des champignons parce qu’Antoine les adorait. Mais quand je suis revenu à la maison, c’était… C’était trop tard. Je n’aurais pas du m’absenter. J’aurais du courir au village pour prévenir quelqu’un. Mais ‘Toine et moi, on avait trop peur d’être séparé. J’ai eu trop peur, j’étais paralysé. Si j’avais eu du courage, il ne serait jamais mort. Je l’ai tué. Par l’intermédiaire de George, mais… il avait confiance en moi, tu sais. »

La dernière phrase qu’il prononça le brisa, et une larme, une seule perla de chaque œil. Une goutte d’eau salée pour l’océan de regret qui l’envahissait.

« Il est mort et moi, je me suis enfui de chez moi. Mon paternel s’en foutait royalement, et il ne m’a jamais cherché. Il a continué à boire comme l’ivrogne qu’il était. »

Il avait tellement de haine dans ces dernières phrases que le garçon dû reprendre son souffle avant de continuer son récit. Les mots coulaient comme de source, comme si tout cela était arrivé à quelqu’un d’autre. Il avait à peine conscience de ce qu’il disait.

« Mais moi, je n’ai pas oublié, non. Je suis revenu. Et j’ai mis le feu à la maison. George était dedans, je le savais. Mais il fallait que je le venge. Il fallait que je venge ‘Toine. »

A ces mots, les larmes coulèrent sur les joues du garçon comme une fontaine, mais il ne s’en rendit pas compte. Voila, il avait tout dit. Il ne restait plus qu’à Maëlyne à partit loin et à le haïr pour ce qu’il avait fait, comme il se haïssait lui-même. Comme on se devait de haïr un assassin.

« Samael, c’est le nom de l’ange déchu qui est devenu le diable. Mon père m’a appelé comme ça à cause des conditions de ma naissance. »

Il avait ajouté cela d’une voix lointaine, pensive. En y pensant, George n’avait pas eu tort. Samael prit enfin conscience des larmes qui ruisselaient sur ses joues, et il les essuya d’une main rageuse. Son autre main était toujours posée sur le médaillon d’Antoine, et elle le serrait à s’en faire blanchir les phalanges. Enfin, il releva les yeux pour lire les réactions de la jeune fille sur son visage.
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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 16:41:21

Maëlyne ne savait pas très bien ce qu’elle devait faire en cet instant, c’était pour cette raison qu’elle l’avait serré contre elle. Peut-être aussi parce qu’elle n’avait plus eu ce genre de geste tendre depuis longtemps, et parce qu’elle en avait tant besoin. Elle ne voulait pas gêner le jeune homme bien sûr, ce fut pour cette raison qu’elle s’écarta rapidement dès qu’il commença à la repousser avec gentillesse. C’était étrange, elle aurait pu être blessée par ce rejet, mais il l’avait fait avec tant de douceur qu’elle n’eut aucun sentiment négatif après cela. Non, au contraire, elle était presque soulagée qu’il l’ait fait avant qu’elle ne le fasse elle-même. Maëlyne n’avait jamais été très démonstrative, de peur sans doute d’être rejetée, mais depuis qu’elle était arrivée à Poudlard, c’était encore pire.

Maëlyne s’assit en s’éloignant un peu de Samael alors qu’il commençait son récit. Elle voulait lui laisser de l’air, elle ne voulait surtout pas qu’il se laisser oppresser par sa simple présence. Ce fut pourquoi elle demeura presque impassible alors qu’il comptait ce qu’il avait vécu, ce qu’il avait fait. Elle aurait pu être horrifiée, mais au contraire, elle laissa couler librement ses larmes tandis qu’elle était touchée par son histoire. Le jeune Serpentard devait penser qu’elle avait pitié ou même qu’elle avait peur de lui, mais ce n’était pas du tout le cas. Au contraire, elle se sentait encore plus proche de lui après ça. Comme pour le lui prouver, une fois qu’il eut terminé son récit, elle approcha sa main tremblante des joues de Samael pour essuyer les larmes qui avaient perlées. Non, elle n’avait pas peur, et elle pensait ne jamais avoir peur. Tout simplement parce qu’il avait plus fait pour elle en quelques heures que n’importe qui en quelques minutes. Alors tant pis s’il croyait qu’elle avait mal fait…

Légèrement choquée par les derniers mots qu’il avait eus, Maëlyne ne cacha pas sa mine surprise. Ainsi, son père l’avait nommé ainsi à cause d’un ange déchu ? C’était assez irréel comme aveu, mais elle tentait de comprendre tout de même. Elle fut surprise de la main rageuse que rencontra la sienne alors qu’il tentait d’essuyer ses larmes. Elle se contenta d’avoir un léger sourire avant de se lever doucement et d’aller près du rebord de la fenêtre. Peut-être que c’était à son tour de confier ce qu’elle avait vécu…


« La neige me rappelle souvent l’Islande, pays où je suis née…J’ai toujours vécu continuellement dans le froid, un peu comme toi. Mon pays était magnifique, mais…Je ne m’y sentais pas chez moi. Pour commencer, ma mère m’avait confiée dès ma naissance à une nourrice en espérant qu’elle s’occuperait mal de moi et ferait ainsi un être faible par la suite…Cependant, cette nourrice a été une vraie mère pour moi, celle que je n’ai jamais vraiment eue à mes côtés. Seulement un soir, mon père s’est rendu compte que j’étais toujours bien vivante et il m’a cherchée jusqu’à ce qu’il me trouve…Et ce soir là, ma nourrice a fermé les yeux pour toujours. »

La voix de Maëlyne était comme brisée et tremblante, pourtant aucun de ses membres n’émettait un quelconque tremblement. Elle ne pleurait pas, contenant ses larmes jusqu’au bout. La promesse de ne plus jamais pleurer, elle l’avait faite il y avait à peine deux ans, alors qu’elle venait de prendre conscience que sa nourrice était morte par sa faute. Mais elle avait trahie cette promesse, comme beaucoup d’autres choses, et elle avait eu du mal à s’en remettre. Jusqu’à ce qu’elle rencontre quelqu’un comme Samael et qu’elle trouve enfin la force de confier ce que personne n’avait jamais su sur elle.

« Je n’ai pas compris tout de suite pourquoi le visage de ma nourrice était resté figé et pourquoi elle ne bougeait plus. Mais mon père ne me laissa pas le temps de me poser la question, parce qu’il m’emmena avec violence dans le Manoir où ma mère nous attendait. Je sentais ses larmes sur mon cou tandis qu’elle me serrait contre elle, et pourtant, j’avais follement envie de la repousser. Mais mon père en avait décidé autrement, car ce fut ce soir là que ma vie bascula complètement. Il avait fait de moi un vulgaire objet, qu’il utilisait comme bon lui semblait, jusqu’à ce qu’il meurt dans des circonstances que j’ignore. Ma mère a perdu l’esprit peu de temps après. »

Maëlyne avait la voix qui tremblait moins, comme si elle se sentait instinctivement plus en confiance. A ses mots, elle tourna son visage plus fermé et d’autant plus triste sans savoir comment il allait réagir. Peut-être qu’il allait la trouver égoïste de raconter ainsi son passé, mais c’était parce qu’il s’était confié à elle qu’elle faisait de même. Et tout ça sans réfléchir, pour une fois…


« C’est ma mère qui m’a ordonné de me déguiser en garçon. J’étais trop jeune pour comprendre, alors j’ai répété le prénom ‘Maël’ jusqu’à ce qu’il soit ancré dans mon esprit. Et j’ai tué volontairement la Maëlyne que j’avais été jusque là. »

Maëlyne se détacha de la fenêtre pour revenir s’asseoir près de Samael, et frôla instinctivement sa main comme pour le soutenir et l’encourager. Elle savait que ses gestes n’avaient pas forcément beaucoup de valeur, mais elle voulait juste annoncer qu’elle était là, comme elle l’avait promis. Ce fut à ce moment là qu’une goutte d’eau se hasarda à couler le long de sa joue droite sans qu’elle ne puisse la retenir. Quelque part, revivre son passé l’avait fait souffrir, mais elle pensait néanmoins être assez enfermée dans sa tristesse pour ne plus être vraiment atteinte. Et puis elle n’était pas la seule à souffrir, et son désir de ne pas être égoïste ressortait toujours lorsqu’elle pensait aller trop loin.

« Tu n’es pas un ange déchu ni un démon Samael. Tu es toi, tout simplement. Et ta réaction, même si tu la juges indigne…Et bien je n’ai pas à la juger. Tu as fais ce que moi je n’ai pas eu la force de faire pour mon père. Tu as vengé ton frère parce que tu l’aimais…Moi, je n’ai jamais aimé personne. Je ne sais même pas si je comprends le verbe ‘aimer’, et même si j’essayais, je crois que ce serait un cuisant échec. »

Maëlyne enleva doucement sa main pour la ramener vers ses genoux et les serrer contre son corps frêle. Elle n’avait jamais eu ni frère, ni sœur, ni ami qui pouvaient la sortir de sa solitude. C’était sans doute pour ça qu’elle ne pouvait que comprendre à moitié ce que Samael lui avait dit et lui avait fait ressentir. Mais elle comprenait le fait qu’il ait aimé son frère et qu’il ait voulu le venger…

« Je ne suis pas la meilleure personne à qui il faut se confier, mais je suis contente que tu l’aies fait. Je suis fille unique, je ne peux pas comprendre aussi bien que je le voudrais mais…Je te soutiens tout de même. Et si un jour tu as besoin de parler à nouveau, je serais encore là. Souviens toi de cette promesse Samael, c’est comme si elle était gravée dans le bijou que je t’ai offert. Comme ça, je m’engage à ne pas la rompre. »

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Samael Läus
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Mer 13 Juin - 15:03:05

Samael avait fini le récit de son passé et n’attendait aucun commentaire. Une fuite peut-être, de la haine sans doute. Quoi qu’il en soit, il savait qu’il n’aurait apprécié aucune remarque alors qu’il venait juste de finir de parler. Il voulait simplement reprendre son souffle, se replacer dans la réalité, vider sa tête des images qui se superposaient dans son cerveau comme si elles n’avaient pour but que celui de le rendre fou. Oui, fou, il était déjà fou. Un fin sourire amusé lui passa furtivement sur les lèvres alors qu’il pensait cela.

Maëlyne , comme si elle avait lu dans ses pensées, ne lui fit aucune remarque sur son récit, mais plutôt entama le sien. Son histoire était toute aussi triste que la sienne, et le garçon fut touché par la voix tremblante de la jeune fille qui semblait prendre sur elle pour continuer à parler et pour ne pas pleurer. Samael l’écoutait avec intention, comprenant mieux certaines réactions de la jeune fille, apprenant à la connaitre. Il y avait dans sa voix la même détresse, la même tristesse que dans celle de la voix du jeune serpentard, et, se reconnaissant dans son malheur, pourtant très différent du sien, il laissa rouler les dernières larmes qui lui restaient, alors qu’elle lui tournait toujours le dos.

Il comprit mieux pourquoi elle s’était déguisée en garçon, ou plutôt comment on l’avait obligé à la déguiser en garçon. Le surnom dont sa mère l’avait affublé était tout autant chargé de douleur que le sien de regrets et d’amour. Il avait toujours adoré ce nom qui avait toujours sonné affectueusement dans la bouche de son frère. Aujourd’hui, pourtant, il ne se sentait plus en droit de le porter, et surtout, lorsque quelqu’un d’autre l’employait, il se mettait dans une colère rageuse, et ne se calmait qu’après un long moment, après s’être, de préférence, défoulé sur la personne en question.

La jeune fille se tût alors un instant, son histoire étant terminée, et un silence s’installa entre eux. Pas un de ces lourds silence gêné, non. Dans ce silence, Samael reprenait lentement le contrôle de son cœur et de son corps alors que Maëlyne était revenu près d’elle lui frôla la main, comme simple encouragement. Samael pris dans la sienne la main de la fillette, et la sera doucement. Ils se comprenaient. Ses encouragements qu’elle prononça le touchèrent, et la main de Samael pressa un peu plus fort celle de Maëlyne. Il ne se sentait plus seul, à cet instant.


« Je te sais capable d’aimer Maëlyne. Crois-moi. Il te faudra peut-être du temps, du courage. Mais un jour, oui, un jour, tu aimeras. Tu es une personne trop sensible et trop gentille pour ne pas aimer. Et l’être en retour. »

Samael ne pouvait pas prédire l’avenir, non, mais la sincérité de sa voix laissait comprendre à quel point il était sur de ses mots, à quel point il y croyait. Il frôla alors de sa main libre le pendentif que lui avait offert la fillette, symbole d’encouragement et de présence en cas de besoin. Il savait qu’il ferait de même. Sans s’en rendre compte, il s’attachait à cette jeune fille dont il savait le noir passé, et qui connaissait le sien. La seule aujourd’hui, à Poudlard.

Et comme souvent lorsqu’il rencontrait des nouvelles personnes, il se demandait ce qu’en penserait son frère, s’il les apprécierait aussi. Pour Maëlyne, la réponse lui semblait évidente. Quelque chose en elle lui faisait d’ailleurs étrangement penser à son grand frère. Sa sensibilité peut-être, ou alors sa façon de regarder les gens, avec ces yeux très clairs.

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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Mer 13 Juin - 16:17:34

Maëlyne n’était pas mal à l’aise dans cette salle, elle n’avait au contraire jamais été aussi à l’aise. C’était sans doute parce qu’elle était parvenue à dire ce qu’elle n’avait jamais dit, et parce qu’elle venait d’être écoutée sans être jugée. Néanmoins, ce qu’elle voulait que Samael comprenne, c’était qu’il n’était plus seul, et que maintenant qu’elle connaissait l’origine de sa douleur, elle était prête à la partager. Elle n’était sans nul doute pas la meilleure pour remonter le moral des gens, mais au moins elle se disait que ça valait la peine d’essayer. Cet élève en valait la peine, parce qu’elle l’appréciait et surtout parce qu’en sa présence, elle n’était nullement mal à l’aise.

Lorsqu’il pris sa main furtivement dans la sienne, Maëlyne eut presque un recul, surprise de ce geste, mais elle finit par serrer doucement la sienne en guise de réponse. Elle n’avait pas encore l’habitude qu’on la touche pour ne pas la frapper ou lui faire du mal, pas plus qu’elle n’était habituée au fait de parler à cœur ouvert avec quelqu’un. Non, c’était bien la première fois qu’elle était aussi confiante avec quelqu’un, et cela lui faisait du bien. Lorsque Samael recommença à parler, la jeune Serdaigle sentit son cœur se lever une nouvelle fois. C’était tellement impensable pour elle d’aimer quelqu’un qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de douter. Mais avait-elle le droit de remettre en doute ses paroles ? Il s’agissait de son cœur, de sa vie, certes, mais cette réaction partait d’un bon fond et elle ne pouvait pas le contredire une nouvelle fois. Ce fut pourquoi elle préféra hautement ne pas répondre pour l’heure.

Alors qu’il venait de porter sa main libre au pendentif qu’elle lui avait offert quelques instants plus tôt, Maëlyne se permis un léger sourire tandis qu’elle relevait son regard clair vers lui. Elle ne savait pas comment il faisait, mais en tout cas il avait le don pour la mettre à l’aise…C’était lui qui avait su gommer sa peur tout à l’heure lorsqu’il l’avait rattrapée, c’était lui aussi qui avait brisé la glace en l’encourageant à parler. Qui aurait cru qu’elle aurait pu se confier maintenant alors que sa journée avait si mal débutée ? Personne, et surtout pas elle.


« Je ne pensais pas offrir un jour ce pendentif…Je l’ai fait un jour alors que ma mère m’avait laissée seule deux jours entier. J’avais faim, j’avais froid, j’étais fatiguée…Il m’a un peu sauvée en quelque sorte. C’est peut-être pour pouvoir te sauver que je te l’ai donné, inconsciemment. »


Ayant pris l’habitude de parler avec sincérité, Maëlyne ne s’en privait plus vraiment maintenant, même si elle était toujours un peu hésitante dans ses mots. Elle ne savait pas si elle aimerait un jour quelqu’un, mais grâce à lui elle avait recommencé à l’espérer. C’était peut-être une utopie, elle n’avait peut-être pas le droit après tous les mensonges qu’elle avait bâtis autour de sa vie, mais elle l’espérait tout de même, dans le fond de son cœur.

« Peut-être que tu aimeras un jour toi aussi…Je suis certaine que ton frère sera très fier de toi lorsque tu auras trouvé quelqu’un avec qui tu te sentiras au mieux. En tout cas je te le souhaite, parce que tu le mérites, peut-être plus que moi ».
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Jeu 14 Juin - 15:42:54

Maëlyne lui parla à nouveau du pendentif qu’elle lui avait offert, lui expliquant dans quelles circonstances elle l’avait fait, et pourquoi il lui tenait tant à cœur. Samael ne put s’empêcher de se demander pourquoi la mère de l’enfant l’avait abandonné deux jours de suite, comme ça. Le jeune garçon avait encore du mal à comprendre tout à fait l’était d’esprit des parents de la jeune fille, et malgré ce que Maëlyne lui avait dit sur eux, il se sentait toujours aussi choqué lorsqu’elle lui parlait des frasques de ses parents.

Samael avait depuis longtemps condamné les adultes incapables d’élever des enfants, et qui, sans penser à leur avenir, sans mesurer la conséquence qu’un gosse aurait dans leur vie, en avaient tout de même. Le jeune garçon s’était toujours dit qu’il n’aurait jamais d’enfant parce qu’il était incapable de savoir ce qu’était une bonne éducation. Une pensée sans doute étrange venant d’un garçon de onze ans, mais lorsqu’on avait vécu des choses comme lui ou comme Maëlyne, il y a certains points sur lesquels on est obligé de murir plus vite, et cela, Samael en était bien conscient.

Elle lui dit ensuite qu’elle espérait qu’il trouve un jour quelqu’un à aimer, quelqu’un qui pourrait l’aimer en retour aussi, et cela tira un sourire au jeune garçon. Il espérait sincèrement qu’elle eut raison, mais ne pouvait en être sur. Elle lui parla de son frère, et du fait qu’il serait fier de lui si jamais il trouvait cette personne. Samael en doutait un peu ; comment Antoine pourrait-il être un jour fier de lui alors qu’il l’avait laissé mourir ? Cependant, malgré ses doutes, il ne dit rien, par respect par la jeune fille, mais aussi parce qu’il avait très envie d’y croire.

Samael se leva pour se poster près de la fenêtre. La tempête de neige qui l’avait mené jusqu’au bar s’était arrêtée depuis longtemps, mais cela lui fit penser au nombre de hasard qu’il avait fallu pour qu’ils se rencontrent. Pour qu’ils se parlent, se confient leurs passé et apprennent à se faire confiance. Avoir rencontré Maëlyne relevait en fait d’un très grand coup de chance, se dit-il, et il en fit part à la fillette.


« J’ai beaucoup de chance de t’avoir rencontré… Il aurait suffit qu’il ne neige pas pour que je reste dehors et que je n’ai jamais besoin de te ramener ta cape. Comme quoi, le hasard fait bien les choses, parfois. »

Il lui adressa un sourire sincère, et frôla la cape de Maëlyne qui était toujours étendue près du feu, là où il l’avait mise, bien plus tôt, et qui était maintenant sèche. Le soleil brillait maintenant dehors, de cette lueur hivernale qui annonçait la fin de l’après-midi. Samael qui, après cette discussion, avait envie de s’aérer un peu, de sortir pour prendre l’air. Il s’était toujours mieux sentit dehors, et c’était quelque chose qui ne changeait pas selon le temps et les saisons.

« Ca te dirais d’aller un peu dehors ? Le quartier n’est pas très bien fréquenté, mais ca me plairait de faire quelques pas, personnellement. »

Marcher avait toujours été l’activité qui lui permettait de reléguer ses tristes pensées au fond de son cerveau, ou de se calmer. En principe, il y allait seul parce qu’il n’aimait pas tellement la compagnie des gens dans ces moments là, mais avec Maëlyne, ce n’était pas pareil. Elle comprenait, elle savait, elle connaissait son passé, et donc une bonne partie de lui, puisque c’était ce passé qui l’avait façonné ainsi.

Le jeune homme regarda l’heure à sa montre, et elle lui indiqua qu’il leur restait encore un peu de temps. Il fut surpris de l’heure qu’elle lui indiquait, n’ayant pas vu le temps passer alors qu’ils étaient tous les deux dans cette cabane. Samael se demanda soudain ce que comptait faire Maëlyne, maintenant, à Poudlard. Souhaitait-elle toujours partir ? Et si elle restait, comment s’habillerait-elle ? Car si il n’y avait pas eu tellement de gens de l’école de magie dans le bar, il était évident que la nouvelle allait tout de même se répandre très rapidement, grâce, ou plutôt à cause, du bouche à oreille.


« Qu’est-ce que tu compte faire maintenant ? Tu vas rester à Poudlard ? »

Le jeune homme se rendait compte que si elle partait, il en serait triste, et que la présence de la jeune fille lui manquerait. C’était assez étonnant, surtout de la part de ‘Mael, car ils ne se connaissaient que depuis quelques heures… Mais le garçon avait l’impression qu’elle pouvait mieux le comprendre que n’importe qui, aujourd’hui.
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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 15 Juin - 16:20:23

Maëlyne avait laissé le jeune homme se lever sans rien, restant pour le moment assise, perdue dans ses pensées. Elle avait été sûre, dès le premier jour qu’elle avait passé à Poudlard, qu’elle partirait. Mais sa rencontre avec Samael avait changé bien des choses, et désormais elle n’était plus aussi certaine de vouloir partir. Mais d’un autre côté, si elle restait, c’était pour subir les plaisanteries douteuses des uns et des autres, et ça, elle n’était pas sûre d’en avoir la force. Il fallait qu’elle trouve en elle un courage qu’elle n’avait pas, ou plus, et elle ne s’en sentait pas la force. Elle soupira doucement et silencieusement tandis qu’elle restait à genoux, le regard perdu dans le vague, pensant à tout ce qu’elle avait perdu durant de nombreuses années. Elle n’avait pas tout à fait tort en disant qu’elle s’était perdue elle-même, puisqu’elle ne savait plus du tout qui elle était à présent. En vérité, elle n’était plus qu’une coquille vide que rien de personnel ne pouvait plus remplir à présent.

Alors que Samael avait pris la parole, ce qu’il annonça troubla légèrement Maëlyne et la surpris d’autant plus qu’elle ne s’y attendait pas. Mais elle pouvait dire de même, c’était un coup de chance, et jamais elle n’aurait imaginé que quelqu’un lui tendrait à la main à elle alors qu’elle était si frêle et faible aux yeux de tous. Il disait vrai, le hasard faisait bien les choses, et elle remerciait intérieurement ce même hasard d’avoir mis le jeune garçon sur sa route. Parce que sans lui, elle n’était pas certaine qu’elle aurait eu un jour la force de dicter son passé avec tant de clarté et de courage. Il y était pour quelque chose, c’était une certitude.

Maëlyne ne manqua pas de se relever doucement tandis que Samael parlait de nouveau pour lui proposer d’aller dehors. Il lui avait sourit avant cela et la jeune fille répondit à ce même sourire, même si le sien était plus maladroit, plus timide. Elle n’était plus habituée au fait que l’on soit chaleureux à son égard, et cela la changeait grandement. Elle n’était pas contre le fait de sortir, au contraire, elle pensait que cela lui ferait du bien…La jeune fille s’était approchée de sa cape, précédemment mouillée mais à présent complètement sèche. Elle la frôla à l’aide de ses doigts encore tremblants pour une raison qu’elle ignorait, puis elle la pris à son bras, ne la mettant pas tout de suite sur son dos, comme pour prouver à Samael qu’elle acceptait de sortir pendant quelques minutes. Après tout, peut-être que marcher lui éviterait de penser à ce qui l’attendait en rentrant à Poudlard…Elle en doutait fortement bien entendu, mais comment faire autrement sinon faire semblant de ne rien ressentir ?


« Je ne suis pas certaine que me rencontrer soit vraiment une chance…Je n’ai pas fait grand-chose. »

Maëlyne avait toujours été modeste, c’était dans sa nature et elle n’y pouvait rien. Après tout, n’était-elle pas censée être à une maison de modestes ? Les Serdaigle sont érudits certes, mais ils n’étalent pas pour autant leurs connaissances pour montrer qu’ils sont les plus forts. C’était le cas pour la jeune fille, elle préférait hautement rester modeste. Et de plus, elle ne pensait pas vraiment être une chance en soit, puisqu’elle n’avait pas vraiment su calmer la peine de Samael. C’était un peu tôt pour ça, elle en avait certainement un peu conscience, mais elle avait l’impression d’avoir échoué dans un certain sens et cela la mettait un peu mal à l’aise.

Sans s’étaler davantage sur ce qu’elle pensait en cet instant, Maëlyne avait pris la poignée de la porte entre ses mains et l’avait presque ouverte en grand lorsque la question du jeune garçon la heurta violemment, tel un fouet. Voilà la question qui la terrorisait d’avance, tout simplement parce qu’elle n’avait aucune réponse à donner. Même si elle avait enfin trouver quelqu’un en qui avoir confiance, cela ne voulait certainement pas dire qu’elle n’aurait plus jamais honte et que toute sa souffrance allait s’envoler du jour au lendemain. Or, ce qu’il lui fallait avant tout c’était une présence, capable de lui donner une sorte de courage qu’elle avait perdu depuis longtemps. Peut-être que Samael était cette personne, mais rien n’était plus incertain et elle n’était pas certaine de pouvoir tenir à Poudlard jusqu’à ce qu’elle en soit sûre. Allait partir, allait-elle rester, elle n’en savait rien du tout.

Pour toute réponse, Maëlyne referma la porte, ne souhaitant pas sortir tant qu’elle n’avait pas vraiment répondu à Samael. Car elle lui devait cette réponse, elle le savait mieux que quiconque. Elle se tourna alors vers lui, comme si son regard était devenu fuyant, et s’approcha assez pour atteindre du bout des doigts le pendentif qu’elle lui avait offert. C’était peut-être la preuve dont elle avait besoin pour se rappeler que cet élève l’avait aidée plutôt que de la blâmer ou la repousser…Son visage n’était qu’à quelques centimètres de celui de Samael, et ce fut pourquoi elle ne leva son regard si clair qu’à ce moment là. Elle frôlait toujours le pendentif du bout des doigts, le regardant de temps en temps, comme pour se persuader que c’était bien la réalité, qu’elle n’était pas en train de rêver…


« Si je pars, je sais que ceci te rappellera que j’ai existé, cela te montreras que toute cette conversation n’était pas un rêve. J’ai encore du mal à me dire que tout ça est bien réel…Pourquoi me demandes-tu ça Samael ? Souhaites-tu que je reste ? Un mot de toi pourra peut-être me prouver que je ne suis pas inutile, et alors peut-être que rester sera une bonne chose…Mais il faut que j’en sois convaincue. »


Alors qu’elle se rendait compte qu’elle n’avait jamais été vraiment utile à quelqu’un, Maëlyne s’était mise à trembler en frôlant toujours le pendentif, et plusieurs larmes avaient coulées sans qu’elle ne puisse l’empêcher. C’était inutile qu’elle se retienne, et de toute manière elle n’en avait pas la moindre envie. Mais comme pour appuyer ses paroles, la jeune fille osa ce qu’elle n’avait jamais osé avec personne, elle déposa un baiser léger comme une brise sur la joue du jeune homme avant de s’écarter tel un souffle. Elle ne savait toujours pas si elle allait rester ou si partir était la meilleure solution…Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle serait contrainte de dormir à Poudlard ce soir.

Maëlyne ouvrit la porte après s’être détachée de Samael, et sortit la première. Elle sentit le froid glacial pénétrer tout son corps frêle et elle ne tarda guère à remettre sa cape désormais sèche sur ses épaules avant d’essuyer doucement ses larmes d’un revers de manche…

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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Mar 19 Juin - 12:14:49

A sa proposition, Maëlyne lui adressa un fin sourire timide, maladroit mais sincère, et ce geste lui réchauffa le cœur. La jeune fille pris sa cape sur son bras comme seule réponse à sa demande se sortie, mais c’était amplement suffisant pour qu’il comprenne. Samael plaça alors la cape sur ses épaules, l’air enthousiaste, il avait hâte d’être dehors. La fillette repris alors la parole, et ce fut cette fois pour énoncer les doutes qu’elle avait. Elle disait n’avoir pas fait grand-chose, et ‘Mael lui adressa un regard surpris, comme étonné qu’elle n’ai pas compris tout ce que leur discussion et sa présence avait fait pour lui.

Cela aurait sans doute sauté aux yeux de ceux qui le connaissait un peu, mais c’était vrai que Maëlyne ne le connaissait que depuis peu. Samael avait toujours été quelqu’un de méfiant, qui cachait ses sentiments, ses émotions, ses envies. Du moins, il l’était depuis que son frère était décédé. Mais cette après-midi là, en compagnie de l’aiglonne, il avait l’impression d’avoir gagner un peu de confiance en lui, et se sentait suffisamment à l’aise pour ne pas cacher ses joies et ses larmes.

Il n’avait plus pleuré depuis longtemps, comme si ses larmes restaient bloquées dans son cœur, le noyant de ses regrets. Aujourd’hui, il avait pu laisser aller libre cours à son chagrin, il avait pu s’expliquer à lui-même, comme à Maëlyne, et se sentait plus léger. Bien sur, la peine était toujours là, et bien sur, les remords ne s’étaient pas effacés, mais ils étaient déjà plus faciles à porter. De même, le jeune garçon, contrairement à ses habitudes, montrait clairement son enthousiasme pour une simple balade alors qu’habituellement, il se serait contenté d’un signe de tête pour tout accord. C’était un changement énorme pour lui, quelque chose dont il ne savait pas parler, mais qu’il ressentait au fond de lui. Il ne pouvait pas l’expliquer à Maëlyne, c’est pourquoi il se contenta de dire :


« Alors, tu ne te rends sans doute pas compte de ce que le simple fait que tu m’écoutes, ainsi que ta présence ont fait pour moi. Crois-moi. »

Il ne trouvait pas les mots qui pourraient lui faire comprendre le changement qu’elle avait provoqué chez lui, et se contenta d’un sourire un peu maladroit, mais chaleureux. Samael était conscient que lorsqu’ils rentreraient au château, il reprendrait ses habitudes, à savoir ne plus montrer qu’un masque d’indifférence, mais préférait ne pas y penser maintenant. C’était trop agréable de pouvoir se montrer comme tel, sans peur d’un jugement ou d’une moquerie.

La jeune fille ouvrait la porte pour sortir quand ‘Mael s’était décidé à lui poser cette question qui lui trottait dans la tête et lui tenait à cœur. Sa demanda choqua la jeune fille qui referma alors la porte pour se tourner vers lui. Elle s’approcha jusqu’à frôler le pendentif qui ornait son cou, si proche de lui que le garçon pouvait sentir son souffle sur son cou, alors que Maëlyne fuyait son regard. Elle parla alors, de sa voix claire et hésitante, et ce qu’elle lui dit le toucha profondément. Quel étrange pouvoir lui donnait-elle ? Un seul mot. Avait-il le droit de lui imposer son choix ? N’était-ce pas de nouveau une forme d’égoïsme ? Parce que si la fillette partait, Samael savait qu’il perdrait quelqu’un de précieux. Il ne la connaissait pas encore depuis longtemps, et ne savait pas d’où lui venait cette certitude, mais elle était là, bien ancrée dans son cœur, et il ne pouvait l’ignorer.

Maëlyne déposa alors un baiser sur sa joue, et s’enfuit dehors, alors que les larmes coulaient sur ses joues. Le jeune homme, resta planté là, un instant, avant de se précipiter vers la porte, de peur qu’elle s’enfuit. Mais elle était toujours là, et le jeune homme s’approcha d’elle, aussi près que tout à l’heure. Il posa alors sur le pendentif, et de son autre main, releva doucement la tête de la jeune fille pour pouvoir voir ses yeux clairs. Leur regards, si différents, étaient proches, et Samael laissa ses pupilles sombres dériver vers les prunelles clairs de la fillette. Il voulait qu’elle puisse y lire toute la sincérité qu’il puisait au fond de lui. Il fallait qu’elle en soit convaincue, elle l’avait dit elle-même.


« Restes. »

Un seul mot.
Mais cela ne lui suffisait pas pour expliquer tout ce qu’il ressentait.


« Restes ici. Je te le demande parce que je tu compte déjà pour moi. Tu n’es pas inutile Maêlyne, et tu es la seule en qui j’ai eu suffisamment confiance pour te parler de mon passé. Tu dégages une aura de gentillesse et de générosité que tu sembles ignorer mais qui est bien là, tu sais. Je veux que tu restes. Pas seulement pour moi. Pour toi aussi, et pour tous ceux que tu pourras rencontrer. Restes, s’il te plait. »

Samael se tut, presque essoufflé, et baissa à son tour les yeux. Il avait dit ce qu’il pensait être le mieux pour elle. Mais pour lui aussi. Cette jeune fille était d’une bonté rare, une personne près de laquelle les jours et les peines semblaient un peu moins lourds à porter.
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Mer 20 Juin - 9:05:53

Maëlyne n'avait rien dit lorsque Samael avait dicté qu'elle ne semblait pas comprendre que sa seule présence l'avait soulagé. Elle n'avait rien rétorqué tout simplement parce que c'était trop irréel pour qu'elle y croit. Sa mère lui avait tellement mis dans la tête qu'elle ne serait utile à personne qu'elle avait finit par y croire, et elle s'était littéralement oubliée elle-même. C'était un bien étrange sentiment, à la fois de dénuement et de perte, de doute. C'était la première fois que ce sentiment frappait si fortement son coeur, et c'était sans doute le garçon qui le révelait sans le savoir...La jeune fille n'était pas parfaite, c'était une certitude, et comme beaucoup d'êtres humains, elle s'était protégée de tout ce qui pouvait lui arriver, en mal comme en bien, depuis de nombreuses années. Mais ça, elle ne savait pas si Samael l'avait bien assimilé. Il était un peu comme elle, toujours à se protéger de ce que les autres pourraient lui faire, même si ceux-ci voulaient son bien. C'était irraisonné chez elle, il fallait toujours qu'elle se dise que ce que pourraient lui faire les autres n'étaient que méchanceté pour qu'elle se persuade ainsi qu'elle avait bien fait de fuir. Mais ce genre de discours intérieur s'était révélé complètement inutile avec Samael, parce qu'il avait su percer sa carapace avec une facilité dont personne n'avait jamais été capable jusque là. Alors lorsqu'il lui avait demandé ce qu'elle comptait faire, elle lui aurait volontiers dit qu'elle voulait rester rien que pour le voir continuer à sourire, mais sa timidité l'avait dès lors bloquée et elle avait préféré garder le silence.

Alors que Maëlyne avait réussi à dicter ce qu'elle avait sur le coeur, elle avait fuit une fois de plus. Mais son comportement ne constituait pas forcément une fuite en soit, parce qu'elle n'était pas partie. Au contraire, elle avait attendue que Samael reprenne ses esprits et la rattrape, ce qu'elle ne doutait pas qu'il ferait. Au contraire, il l'avait même fait plus vite que ce à quoi elle s'attendait. Se tournant doucement vers lui, elle eut un sursaut car déjà la main du jeune homme avait soulevé son visage pour que leurs deux regards, diamétralement opposés au niveau de la couleur, se fondent l'un dans l'autre. L'intensité et la sincérité que la jeune Serdaigle pu lire dans l'océan sombre de Samael la troubla légèrement...C'était bien la première fois qu'il avait un tel regard avec elle, et c'était également la première fois qu'elle se sentait complètement nue au niveau des émotions devant lui. C'était comme si chaque sentiment qu'elle ressentait en cet instant était lu par le jeune garçon, et bien que cela ne la mette pas spécialement mal à l'aise, elle avait l'impression que son coeur lui faisait mal tellement il s'était mis à battre fort et vite dans sa poitrine.


" Samael je..."

Avant même qu'elle ait pu dire un seul mot de plus, le jeune garçon lui avait annoncé le seul mot qu'elle ne pensait plus jamais entendre de sa vie. C'était à un tel point qu'une larme coula le long de sa joue, plus sous l'effet de la surprise que sous la tristesse qu'elle aurait pu ressentir. Au contraire, elle n'était pas triste, elle était même diablement heureuse et rassurée, pour la première fois de sa vie. C'était comme si Samael venait de la sauver d'un démon qui trotait près d'elle depuis des mois et dont elle ne parvenait jamais à se débarasser. Alors qu'elle allait rétorquer quelque chose pour le remercier, il s'était lancé dans une tirade qui lui arracha une expression de surprise qu'elle n'avait jamais eue auparavant. C'était la première fois qu'on lui annonçait avec une telle sincérité qu'elle comptait pour quelqu'un, et rien ne pouvait lui faire plus plaisir, rien n'aurait mieux pu la rassurer en cet instant. C'était comme s'il avait enlevé toute sa peine contenue en quelques mots. Elle s'écarta au bout d'un moment de lui, mais elle ne mis aucune violence dans son geste, et le regard empli de reconnaissance qu'elle lui lança lui montrait à quel point elle souhaitait lui dire merci, mais qu'elle ne trouvait pas encore de mots assez fort pour l'exprimer.

En vérité, Maëlyne ne s'était pas vraiment écartée de lui, elle avait juste pris la main qui soutenait son visage dans la sienne avant de la serrer doucement. Si elle s'était écoutée, elle l'aurait serré dans ses bras pour lui montrer combien elle avait besoin qu'on lui dicte de telles paroles, mais sa timidité avait bientôt repris le dessus et elle s'était contentée de serrer sa main pour le lui faire comprendre. Elle avait baissé son regard l'espace d'un instant mais elle le releva bientôt, et un sourire chaleureux comme jamais se dessina peu à peu sur son beau visage. Elle ne savait pas comment il s'y prenait, mais depuis le début il avait su trouver les mots pour chasser ses peurs anciennes et plus qu'ancrées dans son âme même...


" Je...Je ne sais pas quoi dire, je ne trouve pas de mots...Je n'ai pas réussi à te dire tout à l'heure combien tu comptais aussi pour moi, et tu as pris les devants il semblerait! En vérité, je ne pensais pas qu'un jour je trouverais quelqu'un qui pourrait me comprendre vraiment, mais toi tu l'as fait, et mieux que ça, tu continues immancablement à réchauffer mon coeur. Et ça, je ne pourrais jamais te dire combien ça compte pour moi...Alors, je ne connais pas la nature du sentiment qui naît en moi, mais dès que je pourrais l'exprimer par des mots, je te le dirais."

Maëlyne ne mesurait pas encore bien l'ampleur de ce qu'elle venait de dire, mais sa sincérité était telle qu'elle savait qu'elle disait la vérité. Le sentiment qu'elle ressentait déjà était d'une intensité dont elle ignorait l'origine, mais tout ce qu'elle savait, c'était que la présence de Samael était chère à son coeur et que cette fois elle n'avait vraiment plus envie de partir. Elle essuya doucement les larmes qui perlaient dans le fond de ses yeux et eut à nouveau un sourire avant de porter la main du garçon qu'elle tenait encore dans la sienne à ses lèvres. Elle voulait le remercier, mais elle ne savait pas encore très bien comment elle pourrait le faire pour éviter de froisser ou de gêner le jeune homme...Elle s'approcha doucement et passa sa main libre sur le pendentif qu'elle lui avait offert avant d'avoir un léger rire. Si on lui avait dit qu'elle offrirait cet objet si cher à son coeur à quelqu'un qui comptait lui aussi beaucoup pour elle, jamais elle n'y aurait cru...Elle ne savait pas de quoi demain serait fait, mais elle savait que maintenant elle n'était plus seule pour affronter la réalité...

" Je vais rester. Je vais essayer d'assumer ce que je suis, ça changera pour une fois...Je sais que je risque de me prendre des coups, mais...J'espère juste avoir le plaisir de te voir sourire de nouveau...Ce sera ma raison de rester, toi. Tant que tu voudras de moi je resterais."
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