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Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]

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Samael Läus
Elève de Serpentard 3ème année
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MessageSujet: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Mer 6 Juin - 17:19:22

C’était déjà la fin de l’après-midi, et les cours venaient de finir. Le jeune homme garçon aux cheveux ébène entra en trombe dans sa salle commune, balança sur son lit son sac de cours avec tous ses cahiers. Il sorti alors tous aussi rapidement du nid des serpents qu’il y était entré, et se dirigea d’un pas rapide dans les escaliers, une cape chaude sur le dos. Qu’il avait hâte de sortir, par Merlin. Qu’il avait hâte d’être dehors, à savourer l’air froid de ce mois hivernal. Après avoir zigzagué entre plusieurs élèves pour éviter des collisions qui l’auraient retardé, il poussa enfin la lourde porte en bois qu’il l’emmènerait dehors.

Enfin. ‘Mael respira un bon coup, se brulant la gorge avec l’air trop froid, et sourit, de ce fin sourire qui le caractérisait tant. Son souffle formait des petites volutes de fumées devant son visage. Il s’emmitoufla dans sa lourde cape d’hivers, et s’avança dans le parc. Il se promena comme ça pendant un bon bout de temps. Seul, il pouvait penser à ce qu’il voulait, laisser ses pensées dériver sans être tenu de meubler une conversation futile. Il pensait rester là longtemps lorsqu’il se mit à neiger d’un coup, violement.

Samael frissonna malgré sa chaude cape, et ne voulant pas rentrer aussi vite dans le château, réfléchit un peu aux options qui s’offraient à lui. Rapidement, il opta pour se rendre au village Près-au-Lard, et se réchauffer dans un pub. L’idée lui semblait bonne, et il l’appliqua aussitôt. Il avança donc difficilement contre les bourrasques de vent et de neige, et arriva enfin dans la village. Il n’y avait plus grand monde, par ce temps, et sa progression en fut nettement avantagée.

Il entra enfin dans le bar, et le vent cessa aussitôt. Il referma la porte rapidement, alors qu’un client hurlait « Courant d’air !!! » dans le bar, d’une voix de ténor. Il marcha ensuite jusqu’au comptoir, et sans hésiter, commanda une bierreaubeurre. Il adorait cette boisson, pas très alcoolisée, mais au goût très prononcé. Il s’assit ensuite à une table près d’une fenêtre d’où il pouvait voir tomber la neige, et but une grande gorgée de sa boisson. Sa cape reposait un peu plus loin, près du feu, et la neige qui fondait sur le parquet lui attirait les regards colériques du barman que le jeune homme ignorait royalement.

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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 8 Juin - 8:10:41

Maëlyne avait été une fois de plus incapable de dormir parce qu’il s’était passé quelque chose d’assez incroyable...C’était même tellement irréel que la jolie jeune fille ne voulait même pas y penser...La nuit dernière, elle s’était rendue une fois de plus dans les couloirs, et cette fois-ci ce n’était pas Peeves qu’elle avait croisé. En vérité, elle n’avait croisé personne à part le Miroir du Risèd. Elle l’avait contemplé toute la nuit, jusqu’à ce que l’aube ne l’oblige à retourner en soupirant à sa salle commune. Dans le miroir, elle avait vu sa mère qui lui ordonnait de s’habiller de nouveau en fille et de se faire appeler Maëlyne. Avec tout ce qu’elle avait vécu à cause de ses parents et surtout de son père, elle avait encore du mal à croire que tout ceci s’était bien passé sous ses yeux. Elle avait même dû se pincer pour être certaine qu’elle ne rêvait pas. Mais non, sa mère lui faisait bien passer ce message au travers du Miroir...Bien entendu, la jeune fille ne savait pas que le miroir reflétait notre désir le plus profond, le plus cher que nous ayons au fond de son notre cœur, et elle croyait donc que sa mère tenait à ce qu’elle fasse entendre à tout le monde qu’elle était bien une fille et non un garçon...

Avec tout ça, Maëlyne avait complètement oublié qu’il y avait une sortie à Pré-Au-Lard de prévu et qu’elle allait être en retard parce qu’elle avait eu un mal fou à se rendormir après une telle nuit. Ce fut lorsqu’elle dû choisir ses vêtements du jour qu’elle fut plus hésitante que jamais. Deux choix s’offraient à elle : S’habiller avec les seuls vêtements de ville de garçon qu’elle avait, ou bien mettre sa belle chemise blanche et sa jupe courte et rouge, cadeau de sa mère lorsqu’elle avait eu dix ans...C’était juste avant qu’elle ne lui ordonne d’être un garçon pour le restant de sa vie. Après être restée une bonne vingtaine de minutes devant son placard, elle décida de croire ce qu’elle avait vu pendant la nuit et pris entre ses mains sa chemise et sa jupe, tout en restant hésitante. Après tout, personne ne l’avait jamais vue féminine, personne ne la reconnaîtrait donc, c’était un bon point pour elle...Un soupir accompagna son habillage, et elle n’osa même pas se regarder dans la glace une fois qu’elle eut enfilé son vêtement. Elle ne se coiffa que de manière succinte, refusant de natter ses cheveux en cette journée. Non, pour une fois, elle allait être la plus naturelle possible.

La jeune Serdaigle fut rappelée à l’ordre par un préfet qui s’impatientait, et elle pris soin de mettre sa cape longue et épaisse qui recouvrait complètement ses vêtements féminins. Ainsi, personne ne voyait qu’elle était féminine. De toute manière, elle n’avait jamais aimé se mettre en avant, elle avait déjà bien assez de mal à faire face au regard des autres à cause de ses yeux d’un bleu très clair et donc très rare...Un soupir lui suffit et elle fut à Pré Au Lard en moins de temps qu’il n’en fut pour le dire. Elle évitait soigneusement toutes les personnes qu’elle connaissait de vue et se pressa pour entrer aux Trois Balais. C’était le seul endroit où elle était à peu près sûre qu’on lui ficherait la paix...D’autant plus que le bar n’était pas très rempli, elle remarqua juste une tête qu’elle avait déjà vue, un Serpentard si sa mémoire était bonne. Mais elle ne se souvenait pas lui avoir déjà parlé et c’était bien comme ça. Avant qu’il ne la remarque, elle s’assit à la place qui était complètement opposée à lui, près d’une fenêtre également. Elle n’avait rien commandé, elle avait juste désigné une bièraubeurre au barman qui s’empressa de la lui apporter avec un léger sourire que Maëlyne ne trouva guère rassurant. Elle soupira de nouveau en prenant soin de ne pas ôter sa cape et ne pas ainsi dévoiler ce qu’elle était réellement. Seulement le pire arriva bien entendu...La Barman, qui avait un plateau rempli de bièraubeurres et autre boissons trébucha sur un bout de la cape de la jeune islandaise et il renversa tout le contenu des boissons sur Maëlyne. Si bien que, sous le choc, elle se releva violemment pour l’éviter et fit tomber par inadvertance sa cape qui était sa seule et unique protection contre les regards. Résultat, tout le monde voyait désormais son nouvel habillage, mais surtout, elle s’était pris les boissons renversées sur sa chemise blanche qui était maintenant trempée. Elle entendait déjà plusieurs élèves se moquer d’elle et dire qu’elle était une fille...Alors qu’on croyait qu’elle était un garçon ! Les rires lui firent tourner la tête et elle leva un regard désespéré au barman qui s’excusait, visiblement confus de l’accident. La honte, c’était la pire chose qui pouvait lui arriver...

Pour fuir ce sentiment, Maëlyne sortit en trombe du bar en oubliant complètement sa cape. C’était l’hiver et par conséquent il faisait très froid dehors, et alors que sa chemise était à manches courtes, elle commençait à avoir froid. Elle avait l’habitude de la fraîcheur, de la neige et de la glace puisqu’elle était originaire d’Islande, mais elle s’en fichait en vérité. Rien ne pouvait lui faire oublier la honte qu’elle venait de subir, ni même les regards mauvais des élèves qu’elle connaissait de vue...Elle se mit à courir aussi vite qu’elle le pu, se maudissant elle même de s’être habillée ainsi...Depuis son arrivée, on la considérait comme un garçon bien sûr, mais aussi comme muette parce qu’elle n’avait jamais parlé à personne, pas même aux professeurs. Sa voix s’était comme enfermée dans sa gorge, du jour où elle avait tant crié pour que son père arrête de lui faire tant de mal. Et aujourd’hui, elle la regrettait sa voix, parce qu’elle aurait voulu crier toute sa hargne, sa colère, sa tristesse. Tout ce qu’elle parvint à faire, ce fut tomber dans la neige et ainsi rester à genoux pendant plusieurs minutes en laissant couler deux larmes qu’elle essuya presque automatiquement. Non, elle n’allait pas s’appitoyer sur elle même. Elle ne l’avait jamais fait de sa vie, ce n’était pas aujourd’hui qu’elle allait commencer.

Elle se releva avec toute la force qu’elle avait encore en elle et n’oublia pas de frapper de toutes ses forces contre un arbre, et ainsi s’entailler légèrement la main. C’était une nouvelle douleur qui lui sciait un membre, mais au moins elle oubliait une autre douleur liée à sa honte. Un simple coup d’œil sur sa chemise trempée et tachée ne tarda pas à la ramener sur terre cependant. Elle avançait péniblement dans la neige, commençant réellement à être gelée. Elle avait mis ses deux mains sur ses bras et les frottait avec la petite vigueur qui lui restait après ça. En plus d’être épuisée, voilà qu’elle avait envie de crier et de pleurer ! Mais elle ne ferait rien, comme d’habitude. Il ne lui restait plus qu’à espérer que personne ne s’était vraiment rendu compte de qui elle était et que personne d’autre ne l’apprendrait. Elle était habitudée à subir la méchanceté des uns et des autres en silence, mais là elle n’avait plus la force, elle était trop épuisée. Elle se laissa donc glisser contre un arbre, en se ramenant doucement ses genoux vers elle en espérant bien se réchauffer par elle même. Ellle avait beau être islandaise de naissance, cela ne l’empêcherait pas d’attraper un vilain rhume puisque sa chemise était trempée...Et même si elle avait pris sa cape très chaude avec elle, celle-ci était trempée aussi donc cela ne servait à rien. A cette pensée, elle posa lourdement sa tête contre ses genoux et soupira un instant avant de la relever et de sursauter à nouveau de peur...

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Samael Läus
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 8 Juin - 10:58:56

Samael appréciait le calme et l’atmosphère tranquille du bar, pourtant un peu dissipée par l’arrivée de plusieurs premières années de Poudlard. Les rires et les conversations envahissaient par vague l’endroit, sans aucune attention pour ceux qui désiraient un tant soit de tranquillité. Le jeune garçon, qui s’ennuyait un peu, observa tour à tour les personnes de Poudlard qui venaient d’arriver. Presque tous étaient accompagné d’un ou plusieurs amis, d’un petit ami, d’une petite amie, et c’est pour cela que ‘Mael s’attarda un peu plus sur la silhouette enveloppée dans une large cape, à l’opposé de sa table. A l’évidence, elle n’avait pas envie qu’on la remarque, et c’était précisément ce qui attirait l’attention du jeune garçon. A cette distance, et à cause de cette cape qu’elle ne voulait apparemment pas enlever, il ne put deviner si cet individu était de sexe féminin ou masculin, et cela l’intrigua un peu plus.

Il s’apprêtait alors à détourner les yeux pour chercher un nouveau divertissement lorsqu’il aperçut le barman titubant sous la charge du plateau rempli de verre plein de boisson alcoolisée qui se dirigeait vers cette personne. Il était évident que le plateau allait tomber, et l’individu l’avait bien compris, car par reflexe, il s’était relevé vivement, et fit ainsi tomber sa cape. Elle, puisque Samael pouvait maintenant affirmer que c’était une fille, n’avait pourtant pas pu esquiver le flux de boisson qui se versa directement sur sa chemise blanche. Et si cet incident n’avait vraiment rien d’extraordinaire, c’était plutôt la réaction des autres jeunes gens qui l’étonnait. Bien sur, il y en avait qui rigolait de la maladresse du barman et de la malchance de la fillette, et il y aura toujours quelqu’un pour rire de ça. Comme le disait le proverbe, « le malheur des uns fait le bonheur des autres »… Le jeune homme, lui, trouvait cela infantile et idiot, mais il ne se serait pas attardé si les chuchotements qui lui parvinrent ne l’avaient pas surpris.

Une fille, c’est une fille ! Voila ce que tous murmuraient à leur voisins ou voisines d’un ton étonnés et moqueur. Et ces chuchotements, méchamment moqueurs furent à peine cachés, si bien que la jeune fille les avait entendus. Et sur le visage de cette jeune fille au chemisier trempé, on pouvait lire la honte et le désespoir. Elle s’enfuit alors à toutes jambes, oubliant sa cape qui était restée sur sa chaise, et sortit ainsi, dans le froid d’hiver. ‘Mael était très intrigués par cette situation ; une jeune fille qui se faisait passer pour un garçon, ça n’était vraiment pas commun. Il repensa à cette jeune fille, et fut encore étonné que personne ne vienne ramasser sa cape et parte le lui rendre. N’avait-elle pas d’amis, ici ? Se rappelant des moqueries qui n’avaient rien d’amicales, le jeune homme en conclut que non, et haussa les épaules. Ce n’était pas son problème.

Pourtant, il ne put s’empêcher de repenser à cette fillette et au regard désespéré qu’elle avait lancé au barman, incapable de l’aider. Le jeune garçon avait toujours eut en horreur ces remarques moqueuses et méchantes lorsqu’une personne était victime d’un accident maladroit, et la victime, qui était en droit d’attendre de l’aide des spectateurs, ressentait en fait de compte beaucoup de honte. ‘Mael regarda l’heure sur l’horloge magique du pub, puis le temps par la fenêtre. Avec cette neige qui n’en finissait pas de tomber et ce vent glacé, elle aurait tôt fait de tomber malade… Samael se leva alors. Il n’avait rien d’autre à faire, et ne pouvait pas décemment laisser une jeune fille mourir de froid parce qu’elle avait fait preuve d’un peu d’étourderie dans sa fuite. Il remit alors sa lourde cape sur ses épaules, et sous les regards étonnés des commères de Poudlard, il attrapa la cape de la jeune fille à la jupe rouge, et sortit du bar, non sans avoir payer sa boisson.


Une fois dehors, le vent s’engouffra sous sa cape, et le fit frissonner immédiatement de froid. Il referma rapidement les pans du vêtement contre son corps, et réfléchit au moyen de retrouver cette personne. Il n’eut pas à chercher longtemps, car les pas de petits pieds s’élançaient droits devant lui, dans les ruelles. Il les suivit alors, d’un pas vif, et vit qu’elles s’éloignaient un peu du centre ville pour le mener en périphérie, là où il avait beaucoup moins de monde, et où les rues n’étaient habituellement pas bien fréquentées du tout. Le jeune homme leva les yeux au ciel devant l’inconscience de la fillette, en pensant qu’il était temps qu’on la retrouve, avant qu’il ne lui arrive quelque chose.

Il la trouva près d’un arbre, recroquevillée sur elle-même, apparemment gelée. De loin, il vit un faible éclat rouge sur le dos de sa main, et ‘Mael se demanda si elle s’était battue. Il s’approcha alors de la fillette, lentement, avec précaution, comme on s’approche d’un animal sauvage et blessé. Le jeune homme avait peur qu’elle s’enfuit à nouveau et il ne comptait pas lui courir après dans ces rues mal famées. Le crissement de la neige sous ses pas renseigna la fillette de son arrivée, et elle sursauta, sur la défensive. Peut-être pensait elle qu’il s’agissait de quelqu’un qui voulait se moquer d’elle, ou pire… Samael se présenta alors de sa voix douce et chaude pour la rassurer.

« Je m’appelle Samael Läus, et je ne te veux aucun mal… Je te rapporte juste ta cape que tu avais oubliée dans le bar. »

Il la lui montra, comme pour appuyer sur ses dires. Il se rendit alors compte qu’elle frissonnait, et que sa cape qu’il venait de lui ramener, trempée, ne lui serait pas d’une grande aide. Il s’agenouilla près d’elle, et avant qu’elle n’ait pu s’enfuir, faire un geste ou dire quoi que se soit, il dégrafa sa cape chaude et sèche pour la placer sur les épaules de la jeune fille. En faisant cela, il effleura sans le faire exprès la peau glacée de la fillette et grimaça.

« Ce n’était pas très malin de sortir ainsi, trempée et sans ta cape… »Lui dit-il gentiment.

Il fallait maintenant qu’il trouve vite un moyen ou un endroit qui permettrait à la jeune fille de se réchauffer, et ‘Mael regarda autour de lui, sans rien trouver.
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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 8 Juin - 14:29:17

Maëlyne avait fuit sa honte, et elle n’avait aucun remords vis à vis de cela. Après tout, qu’elle n’avait pas été sa surprise lorsqu’elle s’était rendue compte qu’elle s’était révélée aux yeux des différents élèves de Poudlard présents dans le bar ! Sa maladresse à elle avait été du même ordre que celle du barman...Et elle maudissait cette journée rien que pour cela. Elle avait eut grand tort de croire à ce maudit miroir et elle n’aurait jamais dû s’habiller de manière féminine. Maintenant, elle avait fortement envie pleurer, chose qu’elle ne faisait jamais, et surtout elle était toute seule, trempée et glacée au beau milieu d’une forêt. Par dessus le marché, elle n’avait rien eu le temps de faire à Pré Au Lard comme elle avait prévu de le faire à l’origine. C’était bien trop tard pour y penser et surtout, elle voulait à tout prix éviter les regards moqueurs et méchants de ceux qui s’étaient ardamment moqués d’elle aux Trois Balais. Les fuir était peine perdue, elle savait que la nouvelle allait se répendre comme du venin et qu’elle ne pourrait pas fuir éternellement...A moins de quitter Poudlard définitivement. C’était une idée, mais pour cela, elle allait devoir expliquer la raison au Professeur Dumbledore. Et pour l’heure, elle n’en avait pas la force.

Alors qu’elle se perdait dans toutes ses pensées plus sombres les unes que les autres, ce fut à ce moment là qu’elle perçut un bruit de crissement de neige. Quelqu’un l’avait suivie, rattrapée, et elle avait bien peur que ce fameux quelqu’un ne soit là que pour se moquer d’elle...Si c’était le cas, il perdait son temps, elle était déjà démolie, pas besoin d’en rajouter. Mais ça, elle ne parvenait pas à le lui dire, elle voulait simplement qu’il s’en aille et qu’il la laisse toute seule avec sa honte. Rajouter de la pitié au sentiment qu’elle détestait déjà était une bien terrible erreur de calcul...Mais avant qu’elle n’ait pu le lui faire comprendre, il se mit à parler d’une voix si chaleureuse et douce que Maëlyne se sentit instinctivement gênée. Elle ne pensait pas quelqu’un serait un jour gentil avec elle, ou même essayerait de comprendre ce qu’elle vivait pour se mettre dans de telles situations. Face à de telles paroles, elle n’eut plus la force de lui faire comprendre qu’elle voulait être seule. Elle se contenta de reposer sa tête sur ses genoux après l’avoir regardé un instant droit dans les yeux, et sans aucun détour.

Elle se perdait dans le fait qu’elle avait aussi peur d’entendre de nouvelles méchancetés, surtout qu’elle avait eu le temps de voir que l’élève en face d’elle était un Serpentard. C’était bien la première fois qu’un élève de chez les serpents était aimable avec elle, et cela lui donnait envie de pleurer une fois de plus, mais elle se retint par respect pour ce garçon qui avait dû la chercher pendant pas mal de temps et qui lui ramené sa cape...Elle sentit soudainement qu’il la touchait et tenta d’avoir un mouvement de recul, mais il posa sa propre cape sur ses frêles épaules, et elle n’osa donc plus faire aucun geste. Cet acte ne la rendait pas mal à l’aise, mais elle était tout de même un peu gênée. Il venait de faire quelque chose, pour elle, Maëlyne lui serait donc redevable. Et ça, elle ne le voulait pas, parce qu’elle ne savait pas remercier les personnes qui l’aidaient...La voix du jeune homme s’éleva une fois de plus dans l’atmosphère et cette fois, elle eut le courage de relever son regard bleu si particulier pour lui faire face. C’était la moindre des choses, elle ne pouvait décemment pas fuir éternellement...


« Pourquoi...Etre venu m’aider ? Ne pensais-tu pas comme les autres ? C’est vrai...Comment puis-je ne pas avoir honte de ce que je suis ? Comme si on pouvait me comprendre... »


Maëlyne n’était pas froide du tout et ne s’adressait pas non plus avec méchanceté au jeune garçon. C’était la première fois qu’elle osait parler depuis bien longtemps, et elle faisait comprendre à l’élève qu’elle avait besoin de comprendre pourquoi il avait fait ça alors qu’il lui aurait été bien plus simple et confortable de se moquer d’elle sans avoir d’états d’âme, comme beaucoup d’autres l’avaient fait. Bien entendu, elle ne le considérait plus comme n’importe qui vu qu’il n’avait à aucun moment agit avec méchanceté avec elle. Au contraire, il était venu à sa poursuite et il l’avait même secourue en lui prêtant sa cape. Alors, dès qu’il osa lui dire allait attraper froid, elle se permis en léger sourire, chose qu’elle ne faisait jamais non plus. S’il savait ce qu’elle avait vécu, il comprendrait qu’attraper froid était une chose tellement anodine pour elle qu’elle n’y pensait presque pas. La souffrance, elle savait ce qu’elle provoquait...Mais le froid était sa seule protection contre les autres, contre la honte. Si elle attrapait mal, elle serait obligée de rester à l’infirmerie, et ainsi elle éviterait les moqueries des autres...Enfin, du moins c’était ce qu’elle espérait vivement.

« Je me fiche d’attraper froid...Ca n’a aucune importance. En revanche, toi tu vas attraper froid...Je compte quitter rapidement Poudlard...Personne ne me retient ici alors...Tomber malade sera plus une délivrance qu’autre chose. »


Maëlyne se supprenait elle-même, c’était bien la première fois qu’elle osait parler, et surtout, que sa voix se libérait d’elle-même. Elle se doutait bien que cela n’allait pas durer, ce fut pourquoi elle s’approcha du jeune homme, les genoux dans la neige et remit la cape du jeune homme sur ses épaules. Venant de la belle île d’Islande, la jeune Serdaigle était habituée au froid, à la neige, à la glace...Et comme elle l’avait dit précédemment, tomber malade n’avait absolument aucune importance. Elle se releva bien vite et s’adossa doucement à l’arbre en soupirant. Elle était toujours trempée et tremblante, et pourtant, elle avait rarement eut si peu envie de rentrer à Poudlard, qui était censé être ‘sa nouvelle maison’ mais qui ne l’avait jamais vraiment été. Et pour cause, Maëlyne avait la forte impression de n’avoir sa place nulle part. A cette pensée, le petit sourire qui s’était précédemment dessiné sur son visage déjà bien désespéré disparut rapidement.

« Maëlyne est mon prénom. Merci de m’avoir aidée, mais ne te sens surtout pas obligé de le faire...Tu ne me doit rien du tout...C’est plutôt moi qui te dois quelque chose pour ne pas t’être moqué de moi. »

La jeune fille releva son regard brillant vers lui pour lui montrer qu’elle ne le fuyait pas et qu’elle n’avait pas l’intention de le fuir éternellement. Non, elle n’était pas d’un tempérament fuyard et faisait face aux autres dès que ceux-ci n’étaient pas mauvais avec elle, ce qui était plutôt rare...Et comme elle n’était pas spécialement fière de nature, il fallait bien qu’elle ait un peu de courage pour contre-balancer sa peur...

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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 8 Juin - 16:02:11

Le jeune garçon avait posé sa cape sur les épaules de la jeune fille, et celle-ci n’avait fait aucun mouvement pour la lui rendre, ce qui le soulagea. Elle semblait accepter momentanément un peu d’aide. Elle le regarda un instant droit dans les yeux, et ‘Mael put voir l’étrange couleur des yeux bleus de la fillette. Etrangement clairs, et très beaux. Elle parla enfin au jeune homme, brisant le silence, d’une voix douce qui semblait ne pas avoir été utilisée depuis longtemps. Samael estima qu’elle ne devait pas beaucoup parler, sans se douter qu’en fait, elle ne parlait presque jamais. Qu’avait-elle donc vécu pour être ainsi ?! A sa question, il comprit rapidement son besoin de comprendre ce qui l’avait poussé à venir, peut-être par peur de la pitié. Peut-être pas.

« Tu semblais avoir besoin d’aide. Et puis, je déteste ce genre de moqueries… »

Non pas que le garçon soit un saint. Lui aussi avait l’habitude de se moquer ouvertement des gens, mais un contre un, seul contre une autre personne. Et pas à une vingtaine contre une jeune fille. C’était de la pure lâcheté. Dans sa voix, il reconnut ce besoin de comprendre, d’être compris, pour l’avoir subit lui aussi, à une époque. C’était un besoin qui vous déchirait, qui vous cisaillait sans arrêt, jusqu’à ce qu’on se sente bizarre, trop étrange pour pouvoir s’intégrer dans une société. Etait-ce exactement cela que ressentait la fillette ? Il aurait été bien incapable de le dire, mais n’oserait pas le lui demander. C’était quelque chose de trop intime pour qu’elle puisse en parler à un simple inconnu, estimait-il.

La jeune fille parla à nouveau, et ce fut pour lui dire qu’il lui importait peu de tomber malade. Qu’elle allait de toute façon bientôt quitter Poudlard. Et que le refuge de l’infirmerie lui était confortable. En bref, elle cherchait à fuir et à sa cacher. Le jeune garçon haussa légèrement un sourcil. Apprendre à vivre avec soi-même, tel que l’on était, avec nos actes passés, était parfois un acte difficile, il le savait pour l’avoir vécu, mais possible. Il plongea alors ses yeux noirs dans ceux de la jeune fille, comme pour chercher à deviner son état d’esprit et son caractère avant de prendre la parole.


« Je pense que tu dois te battre pour ce que tu es, et pour ce que tu crois. Je ne connais pas ton histoire, et je n’ai compris que dans le bar ce pourquoi les autres se sont ris de toi. Mais je sais, en tout cas, je crois, que malgré tout ce qu’on a put vivre, tout ce qu’on a pu faire, il faut vivre pour ce que l’on croit, ce que l’on aime. »

Samael parlait autant pour elle que pour lui. Autant pour la convaincre que pour se rassurer. Mais l’état de la fillette le préoccupait bien plus que le sien, à cet instant. La jeune fille s’approcha alors de lui, et reposa sa cape sur les épaules du jeune garçon. Le jeune homme lui jeta un regard peu convaincu, et s’apprêta à protester et à la lui remettre immédiatement sur les épaules, lorsqu’elle prit la parole. Elle se présenta enfin, et lui expliqua pourquoi elle lui rendait son vêtement.

« ‘Mael… »Murmura-t-il.

A ce surnom, l’image de son frère s’imposa avec netteté et violence dans son esprit, occultant tout autre chose. ‘Mael. C’était un nom qu’il n’avait plus jamais osé prononcer, ni même penser. Comme s’était étrange que la jeune fille qu’il était venu aider puisse avoir le même surnom qu’il avait eut lui-même, à cette époque heureuse, quand il n’était encore qu’un gosse insouciant. ‘Mael…


Il sortit de ses souvenir pour se reporter sur la jeune fille qui grelottait de froid dans sa chemise trempée. Il haussa les yeux au ciel, et remis sa cape sur les épaule de Maëlyne d’un geste autoritaire, et lui lança un regard d’avertissement. Il était clair qu’il ne reprendrait pas sa cape, cette fois-ci.

« Je ne suis pas venu t’aider par pitié, ni parce que je m’y sentais obligé… Je suis venu, tout simplement. »

Il ne pouvait expliquer le fait qu’il ce soit déplacé pour une inconnue, mais la détresse qu’il avait lu sur son visage l’avait touché, aussi étrange que cela puisse paraitre. Le jeune homme prenait petit à petit compte qu’il n’était pas aussi insensible qu’il ne l’aurait voulut, qu’il l’espérait.

« Tu ne me dois rien. Je n’ai pas fait ça par intérêt, saches le. Mais si tu préfères que je te laisse seule, je le ferais. A la condition évidente que tu me rendes ma cape plus tard. »

Et Samael appuya sur les deux derniers mots.

« Sinon, je serais d’avis à ce qu’on bouge un peu. Quoi que tu en dises, j’aimerais autant que tu ne tombes pas malade, et ce quartier de la ville n’est vraiment pas bien réputé, si tu vois ce que je veux dire. »
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Maëlyne Almarik
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Ven 8 Juin - 17:11:27

Sans chercher comprendre pourquoi, la jeune fille était troublée que quelqu'un fasse autre chose que se moquer d'elle. Non, cette fois, un élève était venu non pas se moquer d'elle mais l'aider, et il semblait ne pas tenir à ce qu'elle attrape froid. Seulement, il ne savait rien d'elle, il ne pouvait donc pas dire qu'elle devait croire ou non en quelque chose. Longtemps, Maëlyne avait cru que son existence avec sa nourrice serait uniquement peuplée de bonheurs et de joies diverses, mais elle s'était fourvoyée. Lorsqu'elle avait vu le visage figé de la seule mère qu'elle avait eu au cours de sa vie, elle n'avait pas immédiatement compris, ou plutôt elle avait refusé d'y croire, elle ne voulait pas admettre qu'elle était morte et que plus jamais elle ne la reverrait lui sourire, la prendre doucement dans ses bras pour calmer ses moindres peines. Non, plus personne ne la prendrait dans ses bras, personne n'aurait plus jamais cette douceur, cette chaleur envers elle. Et elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, puisqu'elle avait accepté de satisfaire le désir de sa mère, à savoir éviter toute honte en se déguisant en homme. C'était ridicule, puisque Maëlyne était une fille et que cela finirait par se voir, se savoir...C'était le cas aujourd'hui, mais elle n'y était pas du tout préparée et cela l'avait fait souffrir plus encore qu'elle ne se plaisait à l'admettre. Au fond de son coeur, quelqu'un chose s'était de nouveau brisé après avoir mis tant de temps à se remettre: Sa volonté d'agir et de vivre.

Elle regarda Samael avec un regard incrédule et surpris lorsqu'il lui annonça qu'il avait agit non pas par pitié mais parce qu'il avait eu envie, tout simplement. C'était encore plus irréel que lorsqu'elle s'était vue dans le miroir habillée en fille, chose qu'elle n'avait plus faite depuis des années. Elle n'aimait pas vraiment que le jeune Serpentard plonge ainsi son océan noir dans le sien, parce qu'elle avait la furieuse impression qu'il savait lire en elle, et rien n'était pire pour Maëlyne. Elle ne voulait pas que ses sentiments soient devinés, lus, compris...Non, elle voulait simplement qu'on la laisse tranquille et que l'on cesse de se moquer d'elle. Mais ça, c'était tellement difficile à faire comprendre et à dire qu'elle n'osait même pas essayer...Elle se contenta de hausser légèrement les épaules et de regarder dans le vague alors que sa voix s'élevait de nouveau dans l'atmosphère. Il semblait bien convaincu de ce qu'il avançait, et c'était à peine si elle osait l'interrompre. Non, il ne valait mieux pas le contredire maintenant, bien qu'elle n'en pensait pas moins.

La dernière phrase qu'il prononça la choqua tellement qu'elle resta quelques instants avec cette expression de surprise si particulière sur le visage de la jolie Islandaise. Alors selon lui, il fallait qu'elle se batte pour ce qu'elle croyait, ce qu'elle aimait. Seulement, au risque de le décevoir, Maëlyne n'avait plus rien ni personne en qui croire, sur qui s'appuyer. Toute sa famille l'avait abandonnée lâchement, son père était mort depuis deux ans maintenant, et sa mère avait perdu l'esprit. Oui, sa mère ne la reconnaissait même plus, et elle la traitait comme la première inconnue venue. Au début, cela l'avait touchée, blessée. Mais à présent, elle pensait que ce n'était peut-être pas une fin si malheureuse que cela...Au moins, sa mère ne cachait plus sa honte, et elle ne souffrait plus. C'était donc une bonne chose, et Maëlyne se fichait de souffrir tant que sa mère allait pour le mieux.


" Croire...Je ne connais plus le sens de ce mot. Tu as peut-être des amis, de la famille, quelqu'un sur qui tu peux te poser lorsque tu es trop épuisé pour continuer...Mais moi on m'a rejetée, repoussée...On a oublié mon existence. Alors je préfère encore mourir plutôt que de voir quelqu'un souffrir à cause de moi. Merci mais...Je n'ai rien ni personne sur qui compter, contrairement à toi je pense. Je te souhaite d'avoir toujours quelqu'un en qui croire d'ailleurs, c'est une chose merveilleuse qu'il ne faut surtout pas rejeter..."

A ses mots, Maëlyne s'était permis un petit sourire qui disparut bien vite. En vérité, elle avait plus envie de hurler et de pleurer que de sourire en cet instant, mais c'était inutile d'inquiéter Samael pour le moment. Il avait déjà beaucoup fait pour elle, alors elle voulait éviter de le blesser lui aussi à cause de sa peur irraisonné ou de toute autre chose qui émanait d'elle. Il murmura soudainement le surnom qu'elle donnait à ceux qui lui demandaient souvent de se présenter et qu'elle était habillée en homme. Ce fut à ce moment là qu'elle compris qu'ils pouvaient avoir le même surnom, l'un comme l'autre, et son expression ne fut pas surprise mais plus adoucie, bien qu'elle ne souriait pas. Elle avait cessé de regarder le paysage et avait reporté toute son attention vers le jeune homme, qui venait de lui remettre la cape sur ses épaules d'un geste autoritaire et qui n'engageait plus aucune réplique. Il valait mieux éviter de le contrarier sur ça, elle s'emmitouffla donc à l'intérieur en fermant ses yeux un instant, profitant d'une chaleur toute nouvelle qui lui était offerte si gentimment. Elle ne le remercierait peut-être jamais assez, mais elle ne perdait pas de vue qu'il pouvait attraper froid lui aussi...

Maëlyne manqua de sursauter lorsqu'il lui demanda si elle souhaitait qu'il s'en aille. A ses mots, elle pris son bras avec une de ses mains, qui était plus tremblante que jamais. Elle avait encore du mal à exprimer ce qu'elle souhaitait dire, ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Et si elle n'avait pas du tout réfléchit avant de lui faire ouvertement comprendre qu'elle préférait sauter du haut d'une falaise plutôt qu'il s'en aille, elle le pensait sincèrement. Et puis, elle ne pouvait plus guetter le moindre signe de relâchement pour lui remettre sa cape sur ses épaules s'il s'en allait...Alors à la place, elle voulait qu'il reste tout simplement. C'était d'ailleurs bien la première fois qu'elle souhaitait une compagnie, de la maison du serpent qui plus est, mais il était venu à elle et il n'avait pas fait du tout preuve de méchanceté...Alors à son tour elle ne voulait pas être froide.


" Non...Reste...S'il...Te plaît..."

Maëlyne avait les yeux de plus en plus brillant, si bien que tout le monde pouvait se douter qu'elle avait envie de pleurer toutes les larmes qu'elle refoulait volontairement depuis tant d'années. Elle voulait paraître forte, mais en fin de compte, c'était elle qu'elle punissait. Aux dernières paroles de Samael, elle se leva et pris sa main pour l'emmener un peu plus loin, dans une petite cabane qu'elle connaissait, qui était à l'opposé de la cabane hurlante. C'était le seul endroit dans lequel elle se réfugiait lorsqu'elle était trop perdue une fois arrivée à Pré Au Lard, et il y avait de quoi faire un feu au moins. Elle l'invita à entrer et posa sa cape sur un lit plutôt usé avant de s'apprêter à faire un feu. Il y avait déjà du bois dans la cheminée, et il lui suffit de prononcer la formule 'Incendio' en murmurant pour qu'un feu s'allume.

" Ce n'est pas le grand luxe...Mais au moins on aura chaud jusqu'à ce que l'on rentre. Il nous reste approximativement deux heures. "

Maëlyne regarda un instant Samael et l'invita à s'asseoir. Il n'y avait ni table ni chaise, juste un lit usé et dont les couvertures avaient été rapiécées un bon nombre de fois. Assise près du feu, la jeune fille ramena ses genoux vers elle dans la même position défensive qu'elle avait dans les ruelles. C'était instinctif, et personne ne l'avait jamais vraiment mise en confiance à Poudlard...C'était ainsi. Elle soupira légèrement avant de se laisser tomber sur le tapis qui était sous son petit corps frêle. Sa chevelure longue et aussi noire que la nuit, faisant un beau contraste avec ses yeux très clairs, étaient maintenant tout autour de sa tête, comme une sorte de soleil. Elle regarda le plafond et fermait parfois les yeux, soupirant à plusieurs reprises. A cause de Peeves, elle était épuisée et ne dormait que très peu. Et en plus, la peur et la honte qu'elle avait ressentie dans le bar n'avait pas arrangé les choses...

" Si tu as envie de partir tu peux maintenant Samael...Rien ne te retiens maintenant. Je suis au chaud, et tu as ta cape à disposition. Mais je voulais juste te dire merci...De ne pas avoir fait preuve de méchanceté à mon égard...Parce que j'ai l'impression que l'on poignarde mon coeur dès qu'on le fait. Alors merci..."

Sans s'en rendre vraiment compte, Maëlyne avait fermé les yeux et commençait à s'endormir gentimment, bercée par le bruit que faisait le bois sous l'assaut des flammes...
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Sam 9 Juin - 10:42:27

Samael la vit troublé lorsqu’il lui avoua qu’il était venu sans raison particulière, par envie tout simplement, et haussa légèrement les épaules. Lui-même était incapable de savoir pourquoi exactement il avait fait ça, alors il ne voyait pas pourquoi Maïlyne le comprendrait. Ce qui le surprit plus ce fut l’étonnement qu’il lut sur son visage lorsqu’il lui disait qu’il fallait croire, qu’il fallait vivre. Il avait bien compris à son silence qu’elle n’était pas vraiment d’accord avec lui, et n’en n’avait pas tenu compte car il voulait tout de même lui donner son point de vue, l’encourager peut-être aussi, mais de là à arriver à cet air étonné…

Et en écoutant ce qu’elle lui disait, ce fut pourtant le visage du jeune garçon qui se ferma. Cette fille était si enfoncée dans son chagrin qu’elle ne souhaitait même pas en sortir. Samael ne la jugeait pas, il avait bien trop connu cette période pour se permettre une opinion rapide, mais ne comprenait pas cette façon d’être, d’abandon. Elle insinua qu’il avait des gens sur qui compter, et le regard du jeune ‘Mael se fit plus vague. Oui, aujourd’hui, il avait des amis, ou du moins, il croyait pouvoir compter sur deux personnes. Mais ça n’avait pas été toujours le cas, non.

En arrivant à Poudlard, il y avait en lui ce désir ardent de vivre, mais aussi de ne s’attacher à personne, pour ne pas souffrir un jour de leur disparition. Mais avant cela, avant Poudlard et ses élèves, il avait vécu seul longtemps, ne pouvant compter et croire que sur lui-même, alors que la haine lui brûlait le cœur. De la haine contre son père, de la haine contre lui-même. Que savait-elle de son passé pour lui dire cela, après tout ? Il comprenait peut-être mieux que n’importe qui la détresse de cette solitude. Le regard plus fermé, lorsque Samael lui répondit, ce fut avec une voix plus froide, sans pour autant être méchante.


« C’est vrai aujourd’hui, je connais des personnes sur qui je pourrais compter en cas de besoin. Mais ça n’a pas toujours été ainsi, et je dirais même que ça a été longtemps le contraire. Si aujourd’hui, je ne suis pas seul, c’est parce que j’ai fait des rencontres de personnes qui m’ont aidé, écouté, avec qui j’ai pu rire, vivre… Et puisque tu me parles de ma famille, saches que je n’en ai malheureusement plus. Et cela ne m’empêche ni de croire, ni d’aimer. »

Pourquoi lui parlait-il aussi durement alors qu’il ne voulait que l’aider ? Les mots de la fillette qui semblaient lui dire qu’il ne pouvait pas comprendre, qu’il ne pouvait pas l’aider l’agaçaient, et le mettaient en colère. Il comprenait un peu de sa solitude, et ne faisait que lui tendre la main pour l’en faire sortir. Mais Maëlyne ne semblait vouloir ni de son amitié, ni approcher les autres et sortir ainsi de sa vie solitaire. Pourquoi ? Le jeune garçon tourna son regard vers la fillette, et c’est d’une voix plus douce qu’il reprit la parole.

« Pourquoi refuses-tu mon aide ? »

Pourtant, plus tard, la jeune posa ses mains sur son bras, sollicitant sa présence, et le garçon lui adressa un fin sourire qui voulait tout dire. Il resterait, bien sur, puisqu’elle le voulait aussi. La jeune fille l’emmena alors dans un cabanon qui semblait bel et bien abandonné. Maëlyne, qui semblait bien connaitre l’endroit, alluma un feu dans la cheminé et la pièce fut immédiatement éclairée par une lueur chaleureuse qui réchauffait autant le corps que le cœur. Il s’assit par terre, à coté de la jeune fille, les jambes tendues vers le feu.

La fillette semblait à la fois sur la défensive, et pourtant déjà plus détendue. Elle lui parla à nouveau, l’assurant qu’elle allait bien, mieux en tout cas, et qu’il pouvait partir si il le souhaitait. Mais le jeune garçon secoua la tête. Partir ? Il n’avait rien à faire, et préférait la compagnie de cette fille à celle des élèves du bar. Il se leva cependant, et pris la cape trempée de Maëlyne pour l’étendre près du feu, afin qu’elle sèche rapidement, et qu’ils puissent rentrer au château sans prendre le risque de tomber malade. Il s’assit ensuite près de la jeune fille qui semblait s’endormir. Un fin sourire amusé étira ses lèvres lorsqu’il fermer les yeux, se laissant bercer par la musique du feu et du bois.

Elle devait être exténuée, et le jeune garçon n’osa rien dire, de peur de la déranger ou de la réveiller, si elle dormait déjà. Quelle étrange personne qu’il venait de rencontrer. Pourtant, il avait l’impression qu’ils pourraient peut-être se comprendre, un jour. Et c’était surement à cause de cette impression qu’il l’avait suivit jusqu’ici, comprit-il. Il jeta un coup d’œil à la silhouette avide de sommeil, en songeant que quelque part, il avait toujours rêvé d’une sœur. Un fin sourire moqueur, se riant de lui-même, apparut sur les lèvres du garçon, lorsqu’il eut cette pensée… Qu’allait-il imaginer ?

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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Sam 9 Juin - 13:25:47

Maëlyne s’était presque endormie alors qu’elle repensa à la question du jeune homme avant qu’elle ne l’emmène dans le petit cabanon où elle avait l’habitude de se réfugier. Elle n’avait pas trouvé quoi lui répondre, c’était pourquoi elle s’était abstenue. En vérité, elle ne voulait de l’aide de personne. Elle avait bien compris que Samael n’éprouvait pas de pitié pour elle, juste peut-être de la sympathie à en croire ce qu’il lui disait, mais elle ne voulait tout simplement pas qu’il l’atteigne, elle ne voulait pas laisser parler son cœur. Alors forcément, elle s’enfermait immancablement dans sa solitude sans vouloir en sortir. C’était idiot comme réaction, surtout qu’elle sentait qu’ils avaient plus de points communs qu’ils ne se l’avouaient, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir peur, horriblement peur de lui faire du mal un jour. On lui avait souvent dit qu’elle était un poison, et c’était pour ça que sa mère lui avait presque ordonné de se déguiser en garçon. Ca aussi, c’était idiot comme réaction, mais quelque part, cela l’avait sauvée à plusieurs reprises.

Maëlyne avait entendu que Samael n’avait plus de famille, tout comme elle, mais là encore, elle n’avait pas osé répondre. En vérité, elle aurait voulu pouvoir lui dire qu’elle lui souhaitait de ne pas souffrir à cause de cela, mais elle n’osa pas. Après tout, peut-être qu’il était comme elle sur ce point, et que sa famille était un point sensible. La jeune Serdaigle détestait son père, mais en même temps, elle pensait qu’en mourant, il avait payé une partie de sa dette. Sa souffrance à cause de sa famille était plutôt placée dans sa mère, qui après avoir perdu l’esprit l’avait laissée toute seule avec ses démons. D’un côté, elle lui en voulait, mais d’un autre, elle n’osait pas la rendre responsable, parce qu’elle avait bien assez payé pour ses erreurs. Alors elle se rendait coupable elle-même de ce qu’elle était devenue, et l’ardeur avec laquelle elle souffrait. Mais ça, elle ignorait totalement si Samael pouvait le comprendre. Et puis, si elle tentait de lui expliquer, elle n’était pas certaine de pouvoir retenir ses larmes...

« Je ne refuse pas ton aide mais...Ca me fait peur. Ce n’est pas contre toi, mais je ne veux pas que tu m’atteignes, je ne veux pas me livrer à toi. D’un côté, pour être tout à fait franche, j’aimerais me serrer contre toi, tout confier ce qui me fait mal, et pleurer comme une enfant perdue mais...Je préfère éviter ce genre de comportement. »

Maëlyne avait rouvert les yeux et regardait une fois de plus le plafond en se rendant bien compte que son regard si clair devait briller de milles éclats, sous l’effet des larmes qu’elle ne pleurait pas encore et qu’elle retenait depuis bien trop longtemps. A ses mots, elle se releva et s’assis près du feu, goûtant de nouveau à la chaleur et ramena une fois de plus ses genoux vers elle en un geste défensif, encore et toujours. Elle avait besoin de se protéger pour rester debout. Et elle supposait seulement que Samael commençait à le comprendre, du moins elle l’espérait. Elle ne voulait pas seulement lui dire ce qui la faisait tant souffrir, elle voulait aussi un jour être capable de le remercier en lui souhaitant tout le meilleur pour lui. Au fond, elle était heureuse pour lui qu’il ait des amis, mais elle l’enviait un peu. Au moins, il ne souffrait pas, c’était l’essentiel.

Elle se rapprocha un peu plus du feu et s’allongea près de celui-ci, tournant légèrement le dos à Samael pendant quelques secondes avant de se mettre sur le dos en poussant un long soupir de lassitude. Si elle s’était écoutée, elle aurait dormit jusqu’à ce que ce soit l’heure de rentrer à Poudlard, mais elle ne tenait pas à ce que le jeune garçon se sente trop seul non plus. Elle espérait donc que Peeves la laisserait en paix cette nuit afin qu’elle puisse récupérer du sommeil qu’elle avait en retard. L’espace d’un instant, elle regarda Samael avec un regard plus adoucit, comme pour lui prouver qu’elle était plus en confiance qu’au début et qu’elle ne comptait plus le fuir. Peut-être l’avait-il compris, mais elle était tellement maladroite qu’elle s’était mise à en douter.


« Je suis désolée pour ta famille. J’espère que tes amis te soutiennent pour ça, je pense que tu mérites de sourire. En tout cas, je te souhaite de ne pas en pleurer. Moi non plus je n’ai plus personne...D’ailleurs, si je quitte Poudlard, je ne vais pas savoir où aller, c’est pour ça que j’hésite un peu... »


A ses mots, Maëlyne eut un léger rictus qui se voulait rassurant. Mais en fait, elle préférait se moquer de sa solitude et de sa souffrance pour éviter à tout prix de pleurer. D’ordinaire, elle n’était pas aussi fière, mais là c’était vital. Elle ne tenait absolument pas à mettre Samael mal à l’aise juste parce qu’elle avait des problèmes. Après tout, ses ennuis familiaux étaient peut-être de la rigolade à côté de ce qu’il ressentait lui, au fond de son âme. Mais ça, la jeune Serdaigle ne pouvait pas le savoir et refusait de chercher à comprendre. S’il voulait parler, il pouvait le faire, étant donné qu’elle avait une oreille très attentive lorsqu’elle était avec quelqu’un de confiance, mais il n’était pas obligé. Après tout, ils ne se connaissaient pas depuis longtemps et elle n’était pas très sûre qu’il ait envie d’en parler après le ton froid qu’il avait employé en parlant de sa famille. Si cela ne l’empêchait pas non plus d’être heureux et d’aimer, alors...Elle en était doublement satisfaite pour lui.

« Si tu peux aimer tranquillement alors je t’envie certainement un peu...Moi, j’ignore le sens de le mot, et je ne sais pas si je veux le connaître...Ce n’est pas la peur de souffrir qui me fait reculer c’est que...Dès que je m’attache à quelqu’un, cette personne finit toujours par souffrir. Alors je préfère éviter de te faire souffrir toi aussi. Je ne pense pas me tromper en disant que tu n’en as pas besoin Samael. »
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Sam 9 Juin - 17:35:29

Samael crut qu’elle s’était endormie, mais il comprit qu’il se trompait lorsqu’il la regarda d’un peu plus près. Les yeux ouverts, elle semblait plongée dans des souvenirs et des pensées douloureuses, et le jeune garçon, incapable de l’aider, ne dit rien, et se contenta d’attendre qu’elle dise quelque chose, ou qu’elle fasse un geste. Comme celui près de l’arbre, par exemple, lorsqu’elle avait attrapé son bras.

C’était ce geste aussi qui l’avait convaincu de rester. A ce moment, ca avait été comme si sa carapace était tombée, comme si elle n’était sortit de sa solitude qu’un instant, pour lui demander de rester. Il revit son regard à cet instant, brillant de larmes, et lui qui n’avait rien put dire. Samael pensait simplement qu’elle aurait dû pleurer, puisqu’elle le pouvait. Cela n’avançait à rien, mais soulageait beaucoup. Il n’avait cependant pas osé dire sa pensée.

Maëlyne pris alors la parole. Elle répondait à sa question d’avant, qu’il pensait qu’elle avait oublié, mais qui, apparemment, trottait dans sa tête. Son explication le rassura et l’inquiéta à la fois. Il était content que ce ne soit pas de sa faute qi elle ne pouvait pas lui faire confiance, ne comprenait pas vraiment le reste. Qu’entendait-elle par « atteigne » ? Elle refusait vraiment tout contact avec les autres, toute possibilité d’amitié ? Le jeune garçon cacha ses doutes et ses questions au fond de lui car il savait qu’elle n’avait pas besoin de cela en plus.

Les yeux de la jeune fille brillaient à nouveau de larmes contenues, et avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit ou esquisser un geste, elle s’était levée pour s’assoir près du feu, comme si elle ne tenait plus en place après ce qu’elle venait de dire. Peut-être pour cacher les perles d’eau qui stagnaient dans ses yeux… Samael hésita à dire quelque chose, à briser le silence, mais ce fut elle qui le fit, et ce qu’elle lui dit lui tira un fin sourire qui n’avait rien de joyeux, un peu comme une défense contre la tristesse qui l’envahissait un peu.


« Mes amis ne savent pas ce qui s’est passé pour ma famille. Peut-être leur en parlerais-je, un jour. Sans doute… »

Mais Maëlyne ne savait pas non plus ce qui s’était exactement passé. Peut-être le lui dirait-il un jour. Mais aujourd’hui, c’était quelque chose d’impossible. Il la connaissait à peine, et son passé était son plus grand secret.

« Je crois que… je crois que tu ne devrais pas quitter Poudlard. Surtout si tu n’as nulle part ou aller. C’est sur, il y aura des gens pour se moquer au début, mais ils oublieront, et tu rencontreras sans doute des personnes qui te comprendrons, te plairons, t’amuserons. Tu devrais rester… »

Il pensait réellement ce qu’il disait, cela se voyait dans ses yeux sombres. Si il avait pu approcher cette jeune fille, lui parler, et commencer à l’apprécier, d’autres le feraient aussi, sans doute mieux que lui-même. C’est vrai qu’il était rare de voir des jeunes filles qui se font passer pour des garçons, mais après tout, pourquoi pas… Il y en avait bien qui se prenait pour des nobles, à cause de leur sang soit disant pur, pensai-t-il, avec ironie.

La jeune fille repris la parole, et c’est avec attention qu’il l’écouta. Ses paroles lui rappelaient tout à coup ce qu’il avait été à une époque, et il comprit un peu de sa détresse. Ce fut les yeux perdu dans le vague, fixés sur le feu qu’il lui répondit, d’une voix douce, presque un murmure.

« J’ai cru oublier le sens du mot aimer. Crois moi, il nous revient vite, c’est dans la nature humaine, sans doute… Je crois comprendre ce que tu ressens en disant que tu as peur d’aimer à nouveau, par peur de faire souffrir les autres. J’ai connu cela, moi aussi, sans doute pour une raison différente, mais le résultat est le même non ?!
Alors laisses moi te dire ce que je pense ; je ne crois pas que tu sois capable de faire du mal à tous ceux qui t’approchent, non. Je ne pense pas non plus qu’en te parlant, et en restant avec toi tu puisses me faire souffrir… Et s’il te faut des preuves, je veux bien essayer et en faire le pari. »


Il lui adressa un sourire, à ces derniers mots, pour lui faire comprendre à quel point il croyait en ce qu’il disait. Elle semblait si frêle, si gentille qu’il ne voyait pas comment elle aurait pu faire consciemment du mal à quelqu’un ….
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Dim 10 Juin - 13:19:16

Maëlyne s’était recroquevillée sur elle pour se renfermer une fois de plus. Ce n’était pas vraiment la peur des autres qui la maintenait ainsi, c’était surtout celle de dévoiler d’elle-même ce secret qu’elle ne pouvait plus contenir. Cela faisait bien des années qu’elle avait besoin de parler, de se confier, mais cela lui faisait peur. Elle avait une certaine confiance en Samael, mais d’un autre côté, elle doutait encore de lui parce qu’elle ne le connaissait pas. C’était instinctif. Il savait faire tomber sa barrière de protection et elle avait bien du mal à la remettre. Pourquoi était-il venu, la jeune fille mourrait d’envie de lui poser la question. Mais comme pour beaucoup d’autres choses, elle se taisait, le laissant parler et l’écoutant avec attention. Elle avait retenu ses larmes jusque là, se cachant à moitié comme elle le faisait dès qu’une goutte d’eau menaçait de perler à la surface de ses yeux. Mais lorsqu’il annonça qu’elle ne devrait pas quitter Poudlard, elle ne pu retenir plus longtemps ses larmes et tout son corps frêle se mit à trembler violemment. Ses pleurs étaient silencieux, comme toujours, mais le fait qu’elle tremblait en disait long sur ce qu’elle ressentait en cet instant.

D’un certain côté, il lui rappellait ce garçon qui l’avait sortie de l’eau glacée dans laquelle elle s’était plongée une nuit avec la forte intention de mourir en laissant le froid lui prendre son âme. Il devait être un an plus âgé qu’elle et Maëlyne avait eut beaucoup de mal à comprendre pourquoi il l’avait sauvée alors qu’il ne la connaissait même pas. Cette nuit-là, elle s’était habillée en garçon, et pourtant il avait deviné immédiatement qu’elle n’était pas ce qu’elle paraissait être. C’était sans doute parce qu’une sorte de douceur émanait toujours d’elle, et que quoi qu’elle fasse, cette douceur finissait toujours par réapparaître. Mais ce jeune homme, elle l’avait perdu de vue, parce que sa mère avait fait en sorte qu’elle ne puisse jamais le revoir, après l’avoir giflée devant lui. La jeune fille avait compris la réaction de sa mère, c’était la vérité, elle était inconsciente et égoïste, mais c’était ce qu’elle avait toujours été après tout. Et on ne l’avait jamais acceptée telle qu’elle était, jamais...

La voix de Samael s’éleva de nouveau dans l’atmosphère et la fit quitter ses souvenirs plus sombres les uns que les autres. Maëlyne avait pratiquement cessé de pleurer, mais ses pleurs reprirent lorsqu’il énonça que l’envie d’aimer, de croire, revenait rapidement parce que telle était la nature humaine. Mais elle n’y croyait pas du tout. Si c’était dans la nature humaine d’aimer, c’était aussi à cause d’elle que beaucoup de monde avait fait qu’elle s’était effondrée un beau jour pour ne plus jamais ressentir l’envie de se relever. D’une part parce qu’elle n’avait aucune raison de le faire, et d’autre part parce qu’elle pensait que c’était inutile. On lui avait tendu la main une seule fois, et elle n’avait même pas eut le temps de remercier la personne...


« Si je suis ainsi, c’est parce que ma mère me l’a demandé. Moi, je n’ai jamais demandé à vivre, et si j’avais pu choisir je ne serais pas née. Disons que lorsque je dis que je n’ai plus de famille, c’est beaucoup dire...Ma mère a perdu l’esprit et elle me traite maintenant comme la première venue, après m’avoir ordonné de me déguiser en garçon pour sauver son’honneur’. Si elle me l’a demandé c’est parce que mon père a...Abusé de la seule chose qui faisait que...Enfin...Oublie ce que je viens de dire. C’est égoïste, tu as dû vivre pire que moi. »

Maëlyne s’était rendue compte qu’elle lui avait livré la seule chose qu’elle n’avait jamais dite à personne, et elle plaça ses deux mains sur ses oreilles comme si elle ne voulait plus rien entendre, comme si elle souhaitait s’isoler complètement. C’était peut-être le cas, parce que dès qu’elle serait retournée à Poudlard, elle continuerait à se déguiser comme avant, pour se protéger des autres...Non, elle ne voulait pas d’amis, elle ne voulait pas que l’on s’intéresse à elle. Tout simplement parce qu’elle n’avait rien à offrir à part de la souffrance. Alors elle préférait souffrir seule, tout simplement.

« Si la nature de l’homme est d’aimer, elle est aussi de détruire. Personnellement, je ne me souviens pas avoir déjà entendu un ‘je t’attendais’ ou ‘je suis content de te voir parmis nous’. Non, tout ce que j’ai pu avoir comme réflexion c’était ‘quoi, encore toi’ ! Ou ‘qu’est-ce qui m’a fichu une enfant pareille’ ! Alors je ne pense pas que ce genre de sentiment soit pour moi. »

A ses mots, les larmes de Maëlyne étaient reparties de plus belle, même si elle tremblait moins qu’avant. C’était un peu comme si un froid glacé d’Islande s’était emparé de son âme et ne voulait pas la laisser en paix. C’était idiot de penser que jamais personne ne l’aimerait, mais c’était sans doute parce qu’elle préférait qu’on la déteste, ou du moins que l’on fasse preuve d’indifférence. Lorsque Samael dit qu’il était prêt à faire le pari, la jeune Serdaigle se permis un léger rire, ce qui était très rare la concernant. Oui, elle riait au milieu de ses larmes, comme pour se dire qu’il était fou pour proposer une telle chose...Mais non, peut-être n’était-il pas si fou que ça, en tout cas, il avait réussi à la faire pleurer et à la faire rire. Ce que personne n’était parvenu à faire dans le bon sens du terme.

« Un pari ? Non je ne préfère pas...Ca ne va pas nous avancer à grand chose...On va rentrer à Poudlard, tu vas retourner dans ta maison, moi dans la mienne...Et puis tout sera comme avant. C’est souvent comme ça de toute manière. Et puis même si tu me dis que ce n’est pas bien de partir de l’école et bien...Cela ne m’empêche pas d’en avoir envie. Je suis mal à l’aise parce que... »

Maëlyne s’était levée cette fois pour aller sur le lit et s’allonger doucement. Elle était épuisée et se rendait compte qu’elle était en train de dire n’importe quoi. Même si elle pensait que son quotidien allait reprendre sa routine une fois de retour à Poudlard, cela ne l’empêchait pas de penser qu’elle avait passé une journée plutôt inhabituelle. Mais pour dire ça à Samael, encore fallait-il qu’elle trouve les mots pour l’annoncer. Et elle avait tellement perdu l’habitude de parler à quelqu’un qu’elle était encore bien hésitante...

« Je crois que j’ai toujours détesté ma famille, mais que je me déteste encore plus, surtout que je suis fataliste par envie de me protéger. Je ne vois pas pourquoi tu tiens à tout prix à me prouver que j’ai tort...Après tout, je ne te dois peut-être rien comme tu l’as dit, mais tu ne me dois rien non plus. Je crois que tes amis valent mieux que moi, et surtout, ils savent certainement t’écouter. Moi, je suis un véritable coquillage...Parce que...Ca me fait peur. Oui, sans savoir pourquoi, tu me fais peur Samael. Parce que je t’ai confié à demi-mot ce que je n’avais jamais dit à personne, et que je pourrais continuer. Et je ne veux pas t’ennuyer avec ça. »

Maëlyne avait pris soin de tourner son visage de telle façon qu’elle ne pouvait pas voir le jeune homme. Oui, ça lui faisait peur de devenir amie avec quelqu’un. Parce qu’elle avait oublié ce que signifiait apprécier quelqu’un, tout simplement...Ses larmes avaient cessés de couler et elle se sentait mieux, mais sa peur, elle, demeurait toujours bien ancrée dans tout ce qu’elle était...

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Samael Läus
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Dim 10 Juin - 14:58:37

Alors que Samael parlait, conseillant à la fillette de rester à Poudlard, celle-ci éclata en sanglots pour ne plus s’arrêter avec un moment. Le jeune garçon ne sut que faire, et il hésitait à faire un geste pour la consoler, pour la prendre contre lui et la rassurer. Elle ne voulait aucun contact avec les autres, elle l’avait dit elle-même, mais pouvait-il décemment la laisser ainsi, sans rien dire, sans rien faire. De plus, Maëlyne tremblait violement, sans pouvoir se contrôler. Le garçon hésitait donc entre ce que lui dictaient sa façon d’être et de penser, et les opinions étrange de cette jeune fille.

Ne sachant que faire, il avait continué à parler, et les sanglots de Maëlyne qui s’étaient atténués, reprirent de plus belle. Le garçon en fut désarçonné, encore une fois il ne sut qua faire. Il détestait ces moments où il était incapable de se décider. Se maudissant intérieurement, il se décida tout de même à agir, et ce selon son mode de pensée. Il allait s’approcher de la jeune fille, lorsqu’elle parla à son tour, et ‘Mael ne bougea plus pour pouvoir l’écouter attentivement.

Ce qu’elle lui dit était de grande importance, mais surtout d’une détresse rare. Mais surtout, cela lui expliquait la raison pour laquelle elle se déguisait en garçon. Pour sauver l’honneur de sa mère, car son père… Si Maëlyne ne finit pas sa phrase, le reste semblait si évident que le jeune garçon compris immédiatement ce à quoi elle faisait allusion. Son visage n’exprima rien, car il ne savait pas si elle était conscience de la limpidité de ses mots, mais au fond de lui, Samael était bouleversé et haineux envers cet homme qui n’avait pas hésité à détruire sa fille. Et cette haine envers le père de Maëlyne s’ajoutait à celle qu’il ressentait pour son géniteur.

Et Samael qui ne savait pas si elle attendait un commentaire, une parole de sa part, fut vite renseigner en la voyant se boucher les oreilles avec violence. Il était clair que les mots étaient sortis de sa bouche sans qu’elle y pense, et elle le regrettait. La suite des ses paroles étaient tout aussi dur, et le jeune serpentard fut touché par la ferveur qu’elle mettait dans ses mots. Il pensait le contraire, tout le monde avait le droit d’aimer et d’être aimer, mais il n’ajouta rien car elle ne semblait pas prête à l’entendre. Trop enfoncée dans sa détresse et sa solitude, elle s’était formé une carapace à toute épreuve, et les efforts de Samael pour lui faire comprendre que, selon lui, il y avait toujours de l’espoir rebondissaient dessus, sans effets.

Les larmes de la jeune fille recommencèrent, et cette fois, le jeune homme n’hésita pas. Il posa sa main sur l’avant bras de Maëlyne, sans oser faire plus, essayant de la consoler sans aller trop à l’encontre des idées de la fillette. Et lorsqu’il lui parla de son pari, elle eut un petit rire, ce qui enchanta ‘Mael. C’était la première fois depuis qu’ils discutaient qu’elle riait, il ne se rendait pas compte à quel point s’était rare pour elle, et en fut heureux.


« Bien sur, tu as ta maison, et j’ai la mienne. Nous avons certainement des caractères différents, puisque nous ne somme pas dans la même, mais si tu es d’accord, moi, je serais ravi qu’on puisse se revoir pendant les cours ou en dehors. »

Il y avait trop de sincérité dans la voix de Samael pour Maëlyne ne s’en rende pas compte. La jeune fille se leva ensuite pour se reposer sur le lit, épuisée. Le jeune homme s’assit donc à coté, le dos collé au lit. Il l’écouta attentivement, et lorsqu’il fut sur qu’elle avait bien fini, conscient de ce qu’avait dû lui couter ces mots, il prit les paroles, son regard cherchant celui de la jeune fille pour qu’elle puisse, si elle le désirait, lire sa sincérité dans ses yeux sombres.

« Si je tiens à te prouver que tu as tort, c’est parce que j’ai connu aussi une période où plus rien ne comptait, et ou je n’avais plus rien à espérer de l’avenir. Avant d’arriver à Poudlard, on m’aurait dit que je pouvais encore aimer et croire, je crois que, en fait j’en suis sur, je lui aurais craché à la figure avec mépris. Parce qu’il ne me connaissait pas, parce qu’il ne connaissait pas mon histoire. Mais aujourd’hui, j’ai appris à changer un peu de ce que j’étais, et j’en suis plus heureux. Tu ne me dois rien, et je te dois rien, c’est vrai. Cela ne m’empêche pas de me reconnaitre dans certains de tes gestes et de tes paroles, et donc de vouloir t’aider. Je suis sensible à ta détresse parce que je l’ai connu aussi, tout simplement. »

Le jeune homme se tut, repris son souffle, et parla à nouveau.

« Saches que tu ne m’ennuies pas, et que je serais heureux de pouvoir t’aider. Ne vois pas ça comme de la pitié, ca pourrait presque être de l’égoïsme. Peut-être qu’en fin de compte, j’essaye juste de racheter mes fautes… »
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 10:35:11

Maëlyne n’avait pas relevé tout de suite le fait qu’il l’ait touchée lorsqu’elle avait pleuré de plus belle face à ses paroles. Mais si elle ne disait pas des mots ou ne réagissait pas pour chaque chose, cela ne voulait surtout pas dire qu’elle y était insensible, bien au contraire. C’était bien la première fois qu’elle n’était pas mal à l’aise devant quelqu’un, et c’était surtout la première fois qu’elle se confiait avec autant de facilité. Pour elle, recevoir l’amitié de quelqu’un, ce n’était pas trop, c’était tout bonnement impossible, impensable. Le fait qu’elle ne veuille de la pitié de personne n’avait rien à voir là-dedans, c’était juste parce qu’elle ne s’attendait pas du tout à tomber sur quelqu’un qui saurait la comprendre. Plus les minutes passaient, et plus elle avait l’impression que sa peur fondait comme neige au soleil. Tant pis si elle avait peur, après tout la peur ne l’avait jamais tuée, même si elle avait très souvent ressentit ce douloureux sentiment...

Avant qu’elle ne s’allonge, Maëlyne s’était étonnée que Samael lui dise qu’il serait ravi de la revoir. Là encore, elle n’était pas seulement étonnée, elle se demandait si elle n’était pas en train de rêver. Mais il y avait tant de sincérité dans sa voix qu’elle ne pouvait pas l’ignorer. Soit il était fou, soit il avait une bonne raison pour agir ainsi. Mais elle n’avait rien dit, mais si ses paroles l’avait touchée. Elle s’était contentée de s’allonger en soupirant, sans fermer les yeux pour autant. C’est vrai, elle était épuisée, mais elle résistait à la fatigue parce qu’elle estimait qu’ils ne s’étaient pas encore tout dit. Instinctivement, elle voulait encore l’entendre parler, comme si le son de sa voix la rassurait. C’était sans doute le cas, sinon la jeune fille aurait fuit depuis bien longtemps, mais elle avait encore du mal à se l’avouer totalement et avec clarté.

Observant le plafond, Maëlyne n’eut aucun mal à trouver le regard du jeune homme lorsque celui-ci commença à parler de nouveau en cherchant ses yeux intensément. Il voulait de toute évidence qu’elle croit en sa sincérité et qu’elle ne doute pas de ses mots...Au début, la jeune fille avait été tentée de douter, mais puisqu’elle s’était livrée à lui, ce n’était plus le moment d’éprouver un quelconque doute. Elle souffrait d’un côté d’avoir eu la faiblesse d’avouer l’inavouable de sa vie, mais d’un autre, elle se sentait plus légère. Et puis, cela ne pouvait que constituer une première barrière enlevée entre eux...


« Si tu es heureux alors peut-être que moi je n’ai pas le droit d’être le contraire, à savoir malheureuse...Disons juste que...Je ne sais pas du tout qui je suis, je ne me rend même pas compte de si j’existe ou non. Autrefois on m’a dit que chaque être humain est sur terre pour poser sa pierre, sa marque, mais moi...En changeant ce que je suis naturellement, c’est comme si je m’étais perdue moi-même. Et j’ai donc perdu la raison que j’avais de continuer la route sur laquelle je suis. La peur de la solitude me terrifie, j’ai tellement peur que l’on me fasse du mal que je fuis, lâchement, tous ceux qui s’approchent de moi...Même toi je t’aies fuit en un certain sens, puisque j’ai quitté le bar rapidement. Mais d’un autre, c’est ce que je suis, ce que j’ai toujours été que j’ai fuis. »


En annonçant cette vérité, Maëlyne avait un instant détourné son regard de celui du jeune homme, comme si elle voulait éviter de se remettre à pleurer. Mais ce fut peine perdue, parce qu’à peine avait-elle finit de parler qu’elle s’était remise à trembler doucement et que des larmes perlaient de nouveau en dehors de ses yeux bleus ciel. Elle avait toujours voulut fuir les autres pour rester debout, rester entière et forte, mais en fin de compte, elle avait finit par s’effondrer dès que quelqu’un avait su atteindre la chose la plus fragile en elle, à savoir son cœur. Mais elle avait à peine finit de parler que Samael recommença son discours et que Maëlyne ne pu s’empêcher de le regarder intensément de nouveau. Comment faisait-il pour prononcer les mots qu’elle souhaitait entendre ? Elle n’avait pas eu d’à priori le concernant dès le départ, mais il dépassait tout de même tout ce qu’elle avait pu imaginer. Ce fut alors qu’elle descendit du lit pour se placer juste devant lui et posa sa main sur les lèvres du jeune Serpentard, espérant qu’ainsi il se tairait. Le simple fait qu’il parvienne à l’atteindre avec tant de facilité lui faisait peur, mais elle se rendait compte qu’il était la personne qui la connaissait à présent le mieux puisqu’elle lui avait livré son secret. Et ça, cela ne l’effrayait pas, cela la terrorisait, la pétrifiait littéralement de peur.

« Tais-toi...Tu n’es pas égoïste Samael, tu m’entends ? Si tu l’avais été, tu ne serais pas venu jusqu’à moi, tu ne m’aurais pas proposé ton aide...Tu n’aurais pas écouté mes doléances, et crois-moi...Si j’avais sentit que tu étais égoïste, je ne t’aurais pas confié ce qui me tyrannise depuis tant d’années. Je ne te connais pas, c’est vrai...Mais je peux apprendre. Mieux que ça, je VEUX apprendre à te connaître. Peut-être que tu ne te livreras pas à moi, mais tant pis, ce n’est pas ce que je veux. Reste juste...Avec moi. »

Tout au long de sa tirade, Maëlyne avait versé plusieurs larmes et son corps tremblait encore un peu, mais moins. Elle venait de parler avec la même sincérité dont Samael avait fait preuve précédemment avec elle, et elle venait de se surprendre elle même. C’était bien la première fois qu’elle parlait sans vraiment avoir réfléchit...Mais elle n’avait plus peur d’assumer ses paroles maintenant, parce que la barrière qu’elle avait volontairement mise au début s’était envolée d’elle même. Elle ôta rapidement sa main du visage du jeune homme et en profita pour essuyer quelques unes des larmes qui avaient coulées, mais sans pouvoir les enlever toutes. Elle s’asseya ensuite en face de lui, sans demeurer très loin, et pris l’un de ses genoux entre ses bras. Elle n’était plus vraiment sur la défensive, et elle eut même un léger sourire face aux paroles surprenantes qu’elle venait de prononcer sans trop comprendre pourquoi elle agissait ainsi.

« Je crois que tu n’as pas finit de me surprendre en souhaitant comprendre l’incompréhensible...Et si je peux t’aider à ‘racheter tes fautes’ alors ce sera peut-être moi qui serait heureuse. J’espère juste que tu pourras supporter mon imperfection plutôt...Perpétuelle. »

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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 12:22:29

Petit à petit, ils s’apprivoisaient, et Samael pris soudainement conscience de cette vérité. Lui qui, il n’y a pas si longtemps, avait juré de ne jamais s’attacher à personne, de ne dépendre de personne, avait appris à passer outre cette peur qui lui liait le cœur, et commençait à approcher les gens de lui-même, n’attendant plus seulement qu’on vienne le chercher. A essayer de connaitre des gens, il avait commencé par se comprendre, se retrouver aussi. Et aujourd’hui, dans ce cabanon, c’était précisément lui qui venait chercher cette jeune fille. Le jeune garçon prenait pleinement conscience de ceci, du chemin qu’il parcourait petit à petit, grâce à des rencontres chanceuses.

Et entre ces deux adolescents au passé inavouable, les barrières qu’ils avaient monté, chacun de leurs cotés, commençaient à flancher, tomber... Maëlyne lui expliqua alors ce qu’elle ressentait vraiment, ce pourquoi elle se cachait des autres, ce pourquoi elle fuyait, et le garçon qui l’écoutait attentivement cherchait à comprendre pleinement le sens de ces paroles avant de répondre. Elle s’était perdue, elle avait perdue sa raison d’être, de vivre et Samael comprenait mieux la peur de la fillette. Mieux que de la comprendre, il la connaissait. Et cela l’émerveillait autant que ça lui faisait mal. Savoir que quelqu’un d‘autre, sans le savoir, pouvait comprendre sa douleur le rassurait mais comprendre que Maëlyne avait ressenti ces émotions, les ressentaient d’ailleurs toujours, ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie, le faisait souffrir. Et son cœur, déjà chargé de haine contre son géniteur et lui-même, s’en remplit encore un peu, envers celui et celle qui avaient fait souffrir cette fille.

Elle semblait si fragile, si frêle que Samael ressentait le besoin de la protéger, comme il avait eu envie qu’on le protège. L’envie de l’aider, de la soutenir. Mais les mots suffisaient-ils pour accomplir ce but ? Samael en doutait, mais il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire d’autre aujourd’hui. Faibles moyens, sans doute, mais il n’avait pas mieux.


« La seule personne avec qui tu vivras toute ta vie, c’est bien toi. J’imagine qu’avant de pouvoir aimer, il faut apprendre à s’aimer soi-même et à se connaitre. Je crois que se perdre est la chose la plus déstabilisante qu’il soit, et je pense que la seule façon que tu as pour te retrouver serait d’assumer ta féminité, et donc par là, ton passé. »

La voix un peu lointaine, Samael trouvait une résonnance entre ces mots et ses actes passé. Apprendre à s’aimer, se retrouver ; Poudlard lui avait permis de se connaitre, et de murir aussi. Pourtant, encore aujourd’hui, il y avait des actes et des faits qu’il ne se pardonnait pas, et Samael doutait de pouvoir se les pardonner un jour. Les larmes de la jeune fille avaient recommencé à couler le long des joues de la jeune Serdaigle, et le jeune garçon, qui avait pris l’absence de réaction de la fillette pour un accord lorsqu’il avait posé sa main sur son bras, tendit sa main pour frôler celle de Maëlyne. Par ce simple geste, ce frôlement, ‘Mael essayait simplement de lui montrer qu’il était là, et qu’il souhaitait l’aider.

Maëlyne s’agenouilla ensuite face à lui, et alors qu’il finissait de parler, posa sa main sur sa bouche. Le jeune garçon se tut alors, et ne fit pas un geste. Il ne savait ce qui avait pu la blesser ou la toucher dans ce qu’il avait dit, et attendait simplement les explications de la jeune fille. Lorsque Maëlyne lui affirma qu’il n’était égoïste, le jeune homme baissa les yeux, touché par sa sincérité, mais ne pouvant se résoudre à y croire. Il avait toujours été égoïste. En tuant sa mère à sa naissance, en laissant mourir son frère… Peut-être aussi pour son père, mais cela il n’en avait que faire. Cependant le Serpentard releva ses yeux sombres lorsque Maëlyne lui dit qu’elle voulait le connaitre. Les larmes coulaient toujours des yeux de la fillette, et cela ajouta encore un peu à sa sincérité. Samael frissonna. Elle voulait le connaitre. Cela voulait dire qu’il était un peu intéressant n’est-ce pas ?

Maëlyne ôta alors sa main des lèvres du garçon, et Samael ne put s’empêcher de lui adresser un regard reconnaissant. Le serpent avait essayé de l’aider, mais enfin de compte, c’était elle qui prononçait les mots qui le délivraient d’un peu de sa douleur. Il passa sa main dans ses mèches ébène, dégageant son visage, et hocha doucement la tête. La gorge nouée par la sincérité de la jeune fille et par les paroles qu’elle venait de prononcer, il ne pouvait ajouter un mot sans briser l’instant magique qu’elle venait de créer. Elle s’assit à nouveau, en repliant ses genoux vers elle, et parla à nouveau.

Aux paroles qu’elle prononça, Samael esquissa un fin sourire, et s’assit en tailleur, aux cotés de la jeune fille.


« La perfection est la chose la plus ennuyante qui soit, à mon avis. Ennuyeuse, elle ne surprend rien ni personne… »

Ce fut tout ce qu’il ajouta, mais à travers ces mots, il acceptait implicitement l’aide de la jeune fille. Il se sentait à l’aise à coté de cette fille qui, quelques instants plus tôt, n’était qu’une parfaite inconnue qui avait simplement froid. Elle lui avait avoué à demi mots son passé, et le jeune garçon aurait aimé pouvoir le faire aussi. Par confiance, bien sur, mais aussi parce qu’au fond de lui, il espérait que se confier lui ferait du bien, et que ce fardeau de souvenirs pèserait moins lourd sur son cœur. Mais Maëlyne avait déjà bien assez d’ennuis et de démons à affronter pour qu’il ajoute les siens, mais un jour, peut-être, lorsqu’elle irait mieux, il essayerai d’avoir la force de raconter. Si elle l’acceptait, évidement….

« Un jour, peut-être, si tu le veux bien, j’aimerais te raconter mon passé. »

Un jour. Peut-être. Parce qu’il ne voulait pas la forcer, et parce qu’il ne savait même pas si il en avait le courage.
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MessageSujet: Re: Pour s'abriter. [ Pv Maëlyne]   Lun 11 Juin - 13:30:21

Maëlyne ne savait pas très bien pourquoi elle avait empêché le jeune homme de parler en plaçant sa main sur ses lèvres, mais elle n’éprouvait pas pour autant de regrets. A vrai dire, elle avait pu s’exprimer comme elle le voulait sans craindre qu’il ne la coupe dans son récit. Habituellement, la jeune fille ne s’exprimait jamais sur rien et gardait un silence sans faille autour d’elle. C’était bien la première fois qu’elle était si bavarde d’ailleurs, et cela lui faisait très étrange. C’était peut-être à cause du fait qu’elle était enfin à l’aise avec quelqu’un, et que ce quelqu’un, à savoir Samael, ne la jugeait aucunement. Ca lui faisait du bien et surtout, surtout, elle sentait que sa peur diminuait à vue d’œil. Elle aurait presque voulut que leur discussion ne cesse jamais, mais elle savait également que les meilleures choses ont une fin, même si ça pouvait paraître malheureux. Si elle s’était écoutée, elle aurait proposé à Samael de rester jusqu’à ce qu’on les retrouve, mais à bien y réfléchir, c’était une mauvaise idée, elle risquait de lui attirer des ennuis...Et ce n’était pas du tout ce qu’elle souhaitait.

Ayant peur un instant de l’avoir blessé, Maëlyne eut à l’esprit le fait qu’il avait frôlé sa main avant qu’elle ne l’empêche de parler. C’était toujours comme ça avec elle, elle ne réagissait pas toujours aux gestes ni aux paroles que l’on avait à son encontre, mais elle les gardait au fond de son cœur, en espérant bien pouvoir dire la même chose un jour. Il fallait juste qu’elle trouve le courage nécessaire pour affronter sa peur. Et peut-être que Samael allait continuer à faire fondre immancablement sa peur et que par conséquent elle se sentirait mieux...Dans le fond, c’était ce qu’elle espérait un peu égoïstement. Pour une fois qu’elle se sentait bien avec quelqu’un, elle n’avait pas envie de tout gâcher...Lorsqu’il lui sourit doucement, la jeune fille fut rassurée sur le fait qu’elle ne l’avait pas blessé le moins du monde. Au contraire, les paroles qu’elle avait eues semblaient l’avoir touché, et rien ne pouvait lui faire plus plaisir en cet instant.

Maëlyne eut un léger sourire lorsque le jeune homme se rapprocha d’elle une fois de plus, mais la phrase qu’il prononça la fit sourire de plus belle, plus sincèrement, de ce même sourire chaleureux qui savait la faire pleurer lorsqu’on lui faisait un tel cadeau. Soit il lisait dans ses pensées, soit il pensait comme elle...Après tout, il n’avait pas tort, ils avaient des caractères différents, mais cela ne voulait en aucun cas dire qu’ils étaient voués à se détester le reste de leur vie. D’ailleurs, ils contredisaient le fait que les Serpentard et les Serdaigle ne s’aimaient pas, et au fond d’elle, Maëlyne était fière de pouvoir dire qu’elle appréciait à sa juste valeur la présence d’un jeune homme fort sympathique de la maison du Serpent.


« La perfection...C’est comme un cœur sans surprise que rien n’adoucit. Et si rien ne peut l’adoucir, rien ne peut le toucher...Alors je ne veux pas d’un tel cœur. Et je souhaite que tu ne soies pas comme ça ! Même si je pense que tu es bien au dessus de ça. »

Maëlyne se surpris elle-même en faisant ce compliment à Samael, mais il était complètement sincère, ce fut pourquoi elle n’en eut pas honte un seul instant. Au contraire, elle était vraiment contente de s’exprimer plus clairement que d’habitude. Après tout, elle était ce qu’elle était, mais elle pouvait changer, elle le sentait. Rien n’est jamais impossible lorsqu’il y a quelqu’un pour vous encourager. Et si la jeune fille se sentait encouragée, elle se sentait plus capable de sourire au lieu de pleurer sur toutes les choses qu’elle avaient perdues au cours de sa vie...Ce fut ainsi que la jeune Serdaigle voyait les choses, mais surtout, elle avait bien compris que Samael acceptait son aide, et elle eut un mince sourire suite à sa dernière réplique.

Elle passa ses deux mains sur son cou frêle et attrapa le pendentif qui y était caché. C’était un bijou qu’elle avait forgé elle-même, il n’y avait pas si longtemps...Il représentait un signe celtique, synonyme de paix intérieure et d’amour. Elle n’hésita pas un instant, après avoir décroché le pendentif de son cou, à prendre la main de Samael dans la sienne pour le déposer. Ainsi, elle se souviendrait de la promesse qu’elle lui avait faite indirectement, et elle lui rappelait qu’il avait accepté qu’ils se revoient après cette journée qui avait si mal commencé pour elle. D’un côté, c’était aussi pour l’encourager à aller mieux, puisqu’elle le souhaitait sans vraiment le lui dire. Maëlyne n’était pas idiote, elle sentait que le jeune élève souffrait, mais comme elle ne savait pas encore quoi faire pour lui, elle se contentait de lui offrir la chose à laquelle elle tenait le plus en cet instant.


« Je t’offre ça pour t’encourager à sourire toujours plus à la vie. C’est un symbole celtique, il signifie ‘paix intérieure’. Il n’est pas très bien fait, mais il te porteras bonheur. C’est moi qui l’a forgé l’année dernière...Ca m’a aidé à tenir debout, alors j’aimerais que tu le gardes avec toi. »

A ses mots plutôt maladroits, Maëlyne eut un autre sourire avant de refermer doucement la main de Samael sur le bijou et de la lâcher avec douceur. Elle n’était peut-être pas la meilleure pour réconforter les autres, mais au moins elle essayait, ne partant pas du principe que tout est perdu d’avance. Et puis, elle n’avait pas perdu de vue le moins du monde que le jeune homme lui avait annoncé qu’un jour, il aimerait se confier à elle. Maëlyne ne voulait certainement pas le forcer, mais elle voulait lui faire comprendre qu’elle serait toujours là s’il avait besoin d’une épaule sur laquelle se poser lorsqu’il serait fatigué...

« Si un jour ton cœur est oppressé et que tu as besoin de parler, je serais là, tu sauras me retrouver. Lorsque tu seras prêt à te livrer à moi, je t’écouterais. J’aimerais que tu n’oublies pas que la perfection n’existe pas...Alors ne fais pas comme moi, ne te rend pas coupable des choses. Il y a parfois des évènements qui sont inéluctables. Ma déchéance par exemple...J’avais besoin d’elle pour te trouver et me relever...Alors t’écouter sera ma façon à moi de te remercier, parce que je ne peux rien faire d’autre. Mais sache que si je pouvais, je t’ouvrirais le cœur pour y enlever tout ce qui te pèse là. »


Pour appuyer son dernier mot, Maëlyne avait avancé sa main tremblante et avait frôlé de ses doigts l’endroit où le cœur de Samael battait. Elle ôta rapidement sa main tandis qu’elle ne pu retenir une larme qui se mit à couler jusqu’à ce qu’elle ne l’essuie tout simplement.


« Alors oui, pour être plus claire, tu pourras te confier à moi dès que tu l’auras voulu. »

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